
Vendredi, 12 décembre 2025-Lors d’une intervention très attendue au Conseil de sécurité des Nations unies, l’ambassadeur américain auprès de l’ONU, Mike Waltz, a livré ce jeudi des révélations d’une rare gravité sur l’implication du Rwanda dans la guerre à l’est de la République démocratique du Congo.
Pour Washington, Kigali n’est plus simplement un soutien indirect : il serait l’acteur principal, moteur et coordinateur de l’agression armée en cours.
Selon Waltz, les États-Unis disposent désormais « d’informations supplémentaires » confirmant l’ampleur et la sophistication de l’intervention rwandaise dans le conflit qui ravage les provinces de l’Est depuis plus de deux ans.
L’ambassadeur a affirmé que, depuis 2021, le Rwanda aurait pris le contrôle du M23 ainsi que de son aile politique, l’Alliance des forces du changement (AFC), pour poursuivre ses objectifs géopolitiques dans la région.
Il a indiqué que le président Paul Kagame lui-même serait impliqué « intimement » dans la planification et l’exécution de la guerre, notamment par l’émission d’instructions militaires et politiques.
Les États-Unis affirment que les Forces de défense rwandaises (RDF) auraient fourni au M23 du matériel, un appui logistique, de la formation, ainsi qu’un contingent estimé entre 5 000 et 7 000 soldats déployés directement sur le territoire congolais.
Ces derniers mois, Kigali aurait également introduit des missiles sol-air, des armes sophistiquées et intensifié l’usage de drones suicides, utilisés conjointement avec l’artillerie lourde du M23.
Certaines frappes auraient même été menées au-delà des frontières congolaises, incluant le Burundi.
Offensive coordonnée sur Uvira
Mike Waltz a confirmé que l’offensive lancée le week-end dernier sur Uvira aurait été menée de manière coordonnée par le M23 et par des unités rwandaises présentes sur les lignes de front.
Il s’agirait, selon lui, d’une démonstration supplémentaire de l’implication directe de Kigali dans les opérations militaires visant à s’emparer de zones stratégiques du Sud-Kivu.
Face à cette escalade, les États-Unis accusent le Rwanda de conduire toute la région vers l’instabilité et annoncent qu’ils utiliseront « tous les outils » à leur disposition pour que les responsables rendent des comptes.
Washington réclame notamment le retrait immédiat des forces rwandaises du territoire congolais ; une pression internationale renforcée sur Kigali ; et un mandat plus robuste de la MONUSCO pour protéger les civils et appuyer les efforts de stabilisation.
C’est donc pour la première fois que les États-Unis décrivent ouvertement le Rwanda non plus comme un acteur périphérique, mais comme la force principale derrière la guerre à l’Est de la RDC, un constat qui pourrait reconfigurer l’attitude de la communauté internationale face au conflit.
ITK



