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Accords miniers et guerre à l’Est : Steve Mbikayi accuse la CENCO d’éluder le pillage rwandais !

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Jeudi, 25 décembre 2025-La sortie médiatique de Mgr Fulgence Muteba, président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), sur les accords miniers récemment engagés par la République démocratique du Congo continue de provoquer un vif débat national. Dans une tribune, Steve Mbikayi dénonce une lecture qu’il juge partielle et dangereusement déconnectée du contexte sécuritaire que traverse le pays.

Selon l’ancien ministre, critiquer les accords miniers sans désigner clairement le Rwanda et le M23 comme principaux acteurs du pillage des ressources congolaises revient à déplacer le centre de gravité du débat.

Il rappelle que de nombreux rapports des Nations unies ont établi, preuves à l’appui, l’implication du Rwanda dans l’exploitation illégale des minerais de la RDC, en particulier dans les zones occupées de l’Est.

Steve Mbikayi reconnaît que la vigilance citoyenne sur la gestion des ressources naturelles est légitime. Toutefois, il estime que la dénonciation des contrats de longue durée et du corridor de Lobito, telle qu’exprimée par Mgr Muteba, fait l’impasse sur une réalité centrale : le pillage des minerais congolais s’opère aujourd’hui sans contrats, sous la contrainte des armes.

« Pendant que l’on s’indigne de la durée d’un bail, on détourne le regard du cambrioleur qui a déjà vidé la maison », martèle-t-il, dénonçant ce qu’il qualifie de morale sélective.

Sur le corridor de Lobito, vivement critiqué par la CENCO, Steve Mbikayi soutient qu’un mécanisme d’exportation encadré par des accords interétatiques reste préférable aux circuits de contrebande qui enrichissent un pays agresseur au détriment de la souveraineté congolaise.

Quant aux contrats de 99 ans, il admet les inquiétudes sur l’avenir des générations futures, mais renverse l’argument : la véritable confiscation de cet avenir serait la perpétuation d’une guerre qui, depuis plus de trente ans, tue, déplace et appauvrit des millions de Congolais.

« Sauver un régime » ou défendre la nation ?

L’affirmation selon laquelle les minerais seraient « bradés pour sauver un régime » est, selon Steve Mbikayi, le point le plus problématique de la sortie de Mgr Muteba.

Il y voit l’expression d’un positionnement politique implicite, laissant entendre que la chute du régime en place serait une issue acceptable, même si elle devait profiter au M23 et à ses soutiens.

Pour l’auteur, cette lecture est dangereuse : la stratégie diplomatique et économique actuellement déployée ne vise pas à préserver un pouvoir, mais à renforcer la position de la RDC face à une agression extérieure, déjà mise en difficulté sur le plan diplomatique.

En conclusion, Steve Mbikayi plaide pour un patriotisme de combat, ancré dans la réalité de la guerre. Il appelle à un débat national exigeant sur le modèle minier de l’après-guerre, la transformation locale des ressources et la création d’emplois pour la jeunesse, mais estime que ce débat n’a de sens que si l’État congolais est préservé et renforcé dans le présent.

À ses yeux, les critiques qui fragilisent l’action de l’État sans dénoncer clairement l’agresseur risquent d’affaiblir la position congolaise au moment où se joue, selon lui, la survie même de la nation.

ITK

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