Mercredi, 15 juillet 2026-« Nous risquons nos vies, mais on ne nous paie pas. » C’est le cri de détresse lancé ce mercredi 15 juillet 2026 par les prestataires engagés dans la riposte contre la maladie à virus Ebola à Bunia, en Ituri. En signe de protestation, ils ont barricadé l’entrée principale de l’Hôpital général de référence (HGR) de Bunia et incendié des pneus, paralysant le fonctionnement de cet établissement sanitaire.
Dès les premières heures de la matinée, la tension est montée d’un cran. Les manifestants dénoncent plusieurs mois d’arriérés de paiement et accusent les autorités de les avoir abandonnés, malgré les risques quotidiens auxquels ils sont exposés dans la lutte contre l’épidémie.
« Nous sommes allés sur le terrain, nous avons participé aux enterrements dignes et sécurisés, sensibilisé les communautés, désinfecté les sites contaminés. Le ministre de la Santé est venu à Bunia et nous a fait des promesses. Jusqu’à aujourd’hui, nous n’avons rien reçu. Nos familles souffrent », confie un agent sous couvert d’anonymat.
La colère ne se limite pas à Bunia. Dans la zone de santé de Rwampara, les prestataires ont remis, mardi, un mémorandum à l’Inspecteur général de la Santé pour dénoncer la même situation.
Dans leur document, ils dénoncent ce qu’ils qualifient d’« injustice flagrante », affirmant que seuls quelques agents auraient bénéficié de leurs rémunérations, tandis que la majorité reste sans paiement et sans explication.
« Seuls quelques privilégiés ont été payés. Le reste de l’équipe est laissé pour compte. Ce traitement est injuste et démotive tous ceux qui continuent pourtant de risquer leur vie sur le terrain », écrivent-ils.
Les agents préviennent qu’en l’absence d’une réponse dans un délai de 48 heures, ils suspendront toutes les activités liées à la riposte, notamment la surveillance épidémiologique, le suivi des contacts ainsi que les enterrements dignes et sécurisés, des opérations essentielles pour contenir la propagation du virus.
À Bunia, aucune autorité sanitaire ne s’était encore exprimée officiellement au moment de la rédaction de cet article. Pendant ce temps, les barricades demeurent en place devant l’Hôpital général de référence de Bunia et plusieurs patients éprouvent des difficultés à accéder aux soins.
Cette mobilisation intervient alors que la province de l’Ituri demeure l’épicentre de l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo. Une interruption des activités des équipes de première ligne pourrait fragiliser davantage les efforts déployés pour maîtriser la maladie et accroître le risque de propagation du virus.
Jospin wa JORKIM


