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Kinshasa : la vie peine à reprendre dans les quartiers inondés au bord du fleuve Congo !

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Mardi, 6 février 2024-La vie peine à reprendre son cours normal dans les quartiers inondés au bord du fleuve Congo. C’est le cas du quartier Kinsuka pêcheur, dans la commune de Ngaliema. Malgré la baisse du niveau d’eau, plusieurs maisons restent inhabitées. Les occupants qui s’étaient installés ailleurs, pour fuir ces inondations, ne sont pas encore retournés dans leurs domiciles. Il y a à peine quelques personnes qui osent y retourner pour savoir à quoi ressemblent leurs anciennes demeures. Retour dans un des quartiers inondés par la crue du fleuve du Congo, un reportage de l’Agence Congolaise de presse.

Des bouteilles en plastiques à perte de vue, de la boue et autres déchets, des maisons en ruine et abandonnées.

C’est un décor apocalyptique qui s’offre aux habitants du quartier carreaux Congo, un des quartiers inondés au bord du fleuve dans la commune de Ngaliema.

Après 3 mois d’abandon, quelques courageux sont retournés sur les lieux du sinistre, pour constater les affres des inondations qui ont occasionné quelques pertes en vies humaines dans le pays.

Ce qui au début paraissait, une situation normale, s’est transformée, au bout de quelques jours, en un véritable drame pour les populations riveraines.

Avant les inondations, Mimi KENI a habité ce quartier pendant de longues années. La montée des eaux du fleuve Congo l’a obligé d’abandonner cette maison qu’elle aimait tant. En dépit de l’état désastreux dans lequel se trouve son habitation, elle revient de temps en temps jeter un coup d’œil. Impossible pour l’heure d’y vivre encore.

« J’occupe la dernière maison de cette avenue. J’ai été la première à quitter les lieux. En fuyant, j’ai également alerté les autres, car la montée des eaux ne m’inspirait pas confiance. Depuis notre départ, personne n’est revenu ici. Je suis la seule qui rentre de temps en temps, pour surveiller, parce que nous avons une pirogue. Toutes les maisons étaient sous l’eau, seules les toitures étaient visibles. Avec le retrait de l’eau, nous constatons que plusieurs maisons sont en ruine. Elles sont, de surcroît, pleines d’infections. Si nous y retournons, l’humidité risque de nous rendre malade.», explique Mimi KENI, une Sinistrée.

Le spectacle est encore insoutenable pour ces rares habitants, revenus ici dans l’espoir de retrouver leur environnement habituel. Retrouver leurs habitations relève presque d’une utopie au stade actuel. Sylvie qui a fui sa maison garde encore des souvenirs douloureux de cette montée historique d’eau.

« Généralement, quand l’eau monte, elle n’atteint pas ma parcelle qui va de là, jusqu’au mur voisin. Cette fois-ci, elle a presque atteint la toiture, tel que vous le voyez. Il n’y avait pas moyen d’accéder à ma maison, surtout pour nous, les gens de petite taille. Les plus élancés avaient l’eau jusqu’à cou. Mes enfants et moi, sommes dispersés. Présentement, je vis très loin d’ici. L’intérieur de ma maison est très sale, jonché des bouteilles en plastique et autres que je n’arrive pas à évacuer. », dit une autre sinistrée.

Retourner dans son milieu habituel est le plus grand souhait de la population de ce quartier sinistré de Kinshasa. Seulement, celle-ci ne sait à quoi s’attendre, une fois l’accès aux habitations devenu possible. En revenant en ce lieu, ils redoutent des maladies hydriques à cause de ces inondations.

« Je ne peux pas entrer dans ma maison. Elle est sûrement pleine de boue. On n’a rien sauvé et je ne sais pas dans quel état ça se trouve. Vous savez, cette rivière constitue la voie d’évacuation de plusieurs fosses septiques de cette contrée. Elle est un véritable réservoir de microbes et risque de nous rendre malades.»

La décrue du fleuve Congo a débuté, il retourne peu à peu dans son lit mais les dégâts causés par sa montée sont énormes. Le retour à la normale dans les zones sinistrées va prendre encore un peu de temps. Au quartier Carreau Congo, à Kinsuka pêcheur, les vendeurs des sables sont tout de même heureux de reprendre leur gagne-pain, quoique timidement, après trois mois d’inactivité.

Avec ACP

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