
Jeudi, le 5 juin 2025 – Le ministre de la Justice, Constant Mutamba, est de nouveau convoqué ce vendredi 6 juin devant le parquet général près la Cour de cassation. Cette comparution s’inscrit dans le cadre d’une enquête judiciaire en cours sur un présumé détournement de fonds publics liés à la construction d’une maison carcérale à Kisangani.
L’affaire repose sur un contrat de gré à gré signé par le ministère de la Justice pour la construction d’une prison à Kisangani, d’un montant total de 39 millions de dollars américains.
Les enquêteurs reprochent à Constant Mutamba d’avoir autorisé un décaissement anticipé de 19 millions de dollars sans les validations réglementaires, en violation des règles de passation des marchés publics en vigueur en RDC.
Ce dossier a connu un tournant majeur le 29 mai dernier, lorsque l’Assemblée nationale a levé l’immunité parlementaire du ministre, permettant ainsi l’ouverture d’une enquête judiciaire à son encontre.
Le mardi 3 juin, Constant Mutamba s’est présenté au parquet général, accompagné d’une vingtaine d’avocats. Il a été entendu pendant environ quatre heures par l’avocat général Sylvain Kaluila, en l’absence du procureur général Firmin Mvonde. À la sortie, aucune déclaration n’a été faite à la presse, et le ministre est reparti libre.
Deuxième round ce vendredi
La seconde audition prévue ce 6 juin devrait permettre au ministre de fournir des éléments de défense supplémentaires.
À l’issue de cette étape, le parquet pourrait décider soit de classer l’affaire, soit de la transmettre à la Cour de cassation pour l’ouverture d’un procès.
Cette procédure judiciaire intervient dans un climat de tension marqué entre le ministre Mutamba et le procureur général Firmin Mvonde.
Le ministre a publiquement mis en cause la légitimité de l’enquête, accusant le magistrat en chef d’agir par intérêt personnel et de manquer d’impartialité.
Ces accusations ont contribué à aggraver les crispations entre les deux institutions.
L’opinion publique, tout comme la classe politique, attend avec intérêt l’évolution de cette affaire qui pourrait avoir des répercussions importantes au sein du gouvernement. Elle met également à l’épreuve l’indépendance du pouvoir judiciaire en République démocratique du Congo.
ITK



