
Lundi, 9 février 2026-La lutte contre la spoliation des immeubles appartenant à l’État congolais dans la ville de Kinshasa entre dans une nouvelle phase. Le Procureur général près la Cour de Cassation, Firmin Mvonde Mvonde Mambu, a présidé ce lundi une réunion stratégique réunissant l’ensemble de la chaîne du ministère public de la capitale. Autour de lui étaient réunis les procureurs généraux près les cours d’appel de Kinshasa, les procureurs de la République, ainsi que les chefs des parquets, chefs d’offices opérant dans les différentes juridictions de la ville-province.
Au cœur des échanges figurait la problématique de la spoliation des immeubles de l’État, devenue l’une des sources majeures de conflits fonciers à Kinshasa.
Prenant la parole à l’issue de la réunion, le Procureur de la République près le parquet de grande instance Kinshasa/Gombe, Edmond Isofa, a fait le compte rendu des orientations arrêtées.
Selon lui, le ministère public considère désormais ces dossiers non plus comme de simples litiges civils, mais comme de véritables infractions portant atteinte au patrimoine public, nécessitant une réponse pénale ferme et coordonnée.
Une mobilisation générale du ministère public
La présence conjointe des procureurs généraux, des procureurs de la République et des chefs d’offices traduit la volonté du Procureur général près la Cour de cassation d’harmoniser les pratiques judiciaires et d’éviter les décisions contradictoires qui, par le passé, ont souvent favorisé la spoliation des biens publics.
Firmin Mvonde Mvonde Mambu a insisté sur la nécessité d’une vigilance accrue dans le traitement des dossiers fonciers impliquant l’État, en mettant un terme aux manipulations fondées sur de faux titres, des actes administratifs irréguliers ou des jugements obtenus de manière frauduleuse.
La réunion a également abordé la question de la concussion et de la corruption dans le secteur judiciaire, un lien assumé avec la problématique de la spoliation. Le message est clair : toute implication ou complaisance de magistrats dans la dilapidation du patrimoine de l’État sera sévèrement sanctionnée.
Cette approche vise à restaurer la crédibilité de la justice, souvent critiquée pour son rôle présumé dans la légalisation de certaines occupations illégales.
Des actions attendues sur le terrain
Enfin, la question de la détention préventive a été examinée afin d’encadrer juridiquement les futures poursuites liées aux dossiers de spoliation, tout en évitant les abus. Si aucune arrestation n’a été annoncée dans l’immédiat, les orientations données laissent présager des actions concrètes dans les jours ou semaines à venir.
Avec cette réunion de haut niveau, le ministère public, sous l’impulsion de Firmin Mvonde Mvonde Mambu, affiche sa détermination à reprendre le contrôle du patrimoine immobilier de l’État, longtemps livré à des pratiques prédatrices.
Il sied de noter que cette réunion marque un alignement vertical inédit du ministère public à Kinshasa.
Elle prépare le terrain à des dossiers sensibles, potentiellement impliquant des acteurs puissants.
La spoliation devient un enjeu de souveraineté de l’État, plus seulement un problème foncier.
ITK














