
Dimanche 8 juin 2025 —De nombreuses familles endeuillées, venues retirer les corps de leurs défunts le samedi 7 juin 2025 à la morgue de l’Hôpital Provincial de Référence de Kinkanda, ont vécu une journée des plus éprouvantes. La cause : une grève inattendue déclenchée par les agents affectés à cette unique morgue de Matadi, capitale de la province du Kongo Central.
À la veille de cette journée, ces familles avaient déjà engagé d’importantes dépenses liées à l’organisation des veillées mortuaires, comme le veut la tradition. L’arrêt brutal du service mortuaire a donc plongé la ville dans une situation inédite et délicate.
Selon plusieurs analystes, cette grève, bien que motivée par des revendications sociales légitimes, serait entachée d’irrégularités. En effet, elle n’aurait été précédée d’aucun préavis, en violation des dispositions légales en vigueur en République Démocratique du Congo.
Les grévistes, pour leur part, justifient leur mouvement par le sentiment persistant de négligence et d’abandon de la part de la direction de cet hôpital public. Ils affirment avoir été contraints de cesser le travail à compter du 7 juin, dans l’attente de solutions concrètes à leurs revendications.
La tension a atteint son paroxysme lorsque certaines familles, exaspérées, ont menacé de tout saccager. La situation, proche de dégénérer, a finalement été maîtrisée grâce à l’intervention rapide de deux autorités locales : l’élu de Matadi, Ruphin Kisilu, et le maire de la ville, Dominique Nkodia Mbete.
Au terme d’un dialogue direct avec les agents grévistes — qualifiés de « sapeurs-pompiers » par certains observateurs — il est apparu que ces derniers réclament un ajustement de leur quote-part sur les recettes générées par la morgue. Jadis fixée à 25 %, cette part a été abaissée sans explication à 17 % depuis le paiement du mois de mai, une réduction jugée injuste au regard de la pénibilité de leurs tâches.
Grâce aux assurances données par les deux autorités, notamment la promesse de militer pour une révision à la hausse de cette part jusqu’à 40 %, les agents ont accepté de reprendre le travail.
À la satisfaction générale, les opérations de retrait et d’inhumation des corps ont pu reprendre normalement. Les familles, soulagées, n’ont pas manqué de saluer l’efficacité et la promptitude des autorités dans le dénouement de cette crise.
Dieudonné MUAKA DIMBI





