
Samedi, 28 juin 2025– Une nouvelle tension diplomatique en gestation ? Deux cent trente et un (231) pêcheurs congolais opérant dans les eaux de l’océan Atlantique ont été arrêtés dans la nuit du mercredi 25 au jeudi 26 juin 2025 par des éléments de la force navale angolaise. Ces derniers accusent les pêcheurs d’avoir violé les limites frontalières maritimes de l’Angola, une accusation que les intéressés rejettent catégoriquement.
Les faits se sont déroulés à proximité du village Kimuabi, situé à environ 30 km de Muanda, chef-lieu du territoire portant le même nom et situé à 210 km à l’ouest de Matadi, capitale provinciale.
Après leur arrestation, les pêcheurs ont été conduits manu militari à Soyo, ville angolaise et capitale de la province de Do Zaïre, où ils sont toujours incarcérés. Leurs matériels de travail – 22 pirogues, 11 moteurs hors-bord et 11 filets de pêche – ont été saisis sans autre forme de procès.
Ces arrestations récurrentes inquiètent de plus en plus la structure regroupant les pêcheurs congolais du territoire de Muanda. Pour ces derniers, la pêche en mer n’est pas un luxe, mais une activité vitale qui leur permet de subvenir aux besoins essentiels de leurs familles : alimentation, éducation et soins de santé.
Face à cette situation qu’ils qualifient d’injuste, les pêcheurs sollicitent de toute urgence l’implication des autorités provinciales du Kongo Central ainsi que du gouvernement central à Kinshasa, pour obtenir leur libération sans conditions.
Ils appellent également à une concertation bilatérale entre la République Démocratique du Congo et l’Angola, deux pays historiquement liés par des relations de coopération, afin de clarifier et stabiliser une fois pour toutes les limites maritimes qui font l’objet de litiges répétés.
« Il est temps que nos gouvernements se mettent autour d’une table pour trouver une solution définitive. Nos familles souffrent, et nous ne savons plus comment survivre », confie un membre de l’association des pêcheurs de Muanda.
Alors que les familles attendent désespérément des nouvelles de leurs proches détenus à Soyo, tous les regards sont désormais tournés vers Kinshasa et Matadi. L’urgence d’une solution diplomatique ne fait plus aucun doute. Le plus tôt serait le mieux.
Dieudonné MUAKA DIMBI



