
Jeudi, 31 juillet 2025-La récente réapparition médiatique de Habyarimana Mbitse, plus connu sous le pseudonyme de Jules Mulumba, porte-parole autoproclamée des Wazalendo n’a pas manqué de raviver les tensions dans les sphères de la Communauté Hutu congolaise dont il se réclame et même dans la sphère politique et sécuritaire de la République démocratique du Congo qui s’interroge sur les motivations réelles de l’intéressé après la dernière annonce du remaniement gouvernemental.
En effet, après une sortie médiatique précédente où il s’était violemment attaqué au député national Bertin Kirivita qu’il a présenté comme un agent au service de Kigali, infiltré dans l’Assemblée nationale congolaise, le porte-parole autoproclamé wazalendo s’est présenté comme la cible d’un prétendu complot ourdi contre sa personne.
En réalité, les informations en notre possession renseignent que cet ancien cadre du groupe armé CMC-FDP, aujourd’hui associé aux FDLR serait engager dans une opération méthodique de réhabilitation personnelle dans l’espoir d’attirer l’attention du pouvoir en place, à l’approche du remaniement ministériel attendu.
Faisant fi de son casier judiciaire lourdement chargé et de sa réputation sulfureuse tendant à jeter un discrédit sur le mouvement wazalendo, l’intéressé a pris l’option de faire une fuite en avant, en s’attaquant à certains notables de Rutshuru qu’il croit lui faire ombrage dans son ambition machiavélique.
À en croire plusieurs sources concordantes issues de la justice militaire, du renseignement et de la société civile, la manœuvre actuelle de Habyarimana Mbitse serait moins le fruit d’une inquiétude sincère que la dernière tentative désespérée d’un homme acculé, désireux de maquiller un passé criminel accablant et de se positionner comme un notable de référence sur qui le pouvoir peut compter en territoire de Rutshuru.
Un passé maculé de sang et d’ambitions sordides
Dans les chefferies de Bwito et Bwisha, territoires marqués par des décennies de conflits armés, sieur Habyarimana Mbitse, Jules Mulumba, figure influente des ex-FDLR puis du CMC-FDP, s’est imposé non par la vertu du leadership, mais par une brutalité implacable. Son ascension fut balisée par des purges internes, des intimidations systématiques et des assassinats ciblés.
Il est notamment soupçonné d’avoir orchestré l’assassinat de John Love, ancien collaborateur du patron de CMC-FDP, devenu gênant face aux ambitions personnelles de celui qui voulait être la deuxième personnalité de ce groupe armé. Jules Mulumba est aussi accusé d’avoir organisé l’assassinat du jeune Garubanda Byamungu, journaliste indépendant, abattu dans des circonstances troubles à la suite de l’évasion de combattants du M23.
Les noms de Nicolas Bigembe et du général Thadée, figures contestataires au sein du même groupe armée, viennent compléter cette liste macabre. Bigembe, brûlé vif, aurait payé de sa vie sa volonté de rompre avec les méthodes barbares du groupe. Cette violence endémique, exercée au mépris du droit international humanitaire, était pensée comme outil de domination territoriale et de contrôle psychologique sur les populations civiles.
Dossier pénal : un faisceau de charges accablantes
L’ouverture d’un dossier judiciaire au Tribunal de Grande Instance de Goma, autour de l’assassinat de Modeste Amini, jeune leader hutu engagé pour la paix, confirme la gravité des faits reprochés à Jules Mulumba. Ce crime, hautement symbolique, aurait été commandité pour neutraliser une figure montante qui incarnait une alternative à la ligne militariste du groupe.
Les familles des victimes, profondément meurtries, réclament non seulement justice, mais également la reconnaissance institutionnelle de leur souffrance. « Ce n’est pas la vengeance que nous cherchons, mais la vérité », déclare une source communautaire sous couvert d’anonymat à Rugari.
Un isolement international grandissant
La communauté internationale n’est pas restée insensible au comportement criminel de sieur Habyarimana Mbitse alias Jules Mulumba.
Le 26 juillet 2024, l’Union européenne a formellement inscrit Jules Mulumba sur sa liste des personnes sanctionnées dans le cadre du programme COD, entraînant une interdiction de séjour, un gel des avoirs et une surveillance bancaire renforcée.
Selon plusieurs rapports d’organisations non gouvernementales, l’intéressé serait impliqué dans un réseau criminel transfrontalier, mêlant extorsions, contrebande, trafics humains et exploitation de ressources naturelles. Ce réseau inclurait notamment un certain Muhozi Kabens alias Emanuel Ngaruye, maître en falsification d’identités et spécialiste de l’infiltration d’appareils institutionnels.
Les investigations menées par l’ONG ACOPA-ONGd, en partenariat avec des missions indépendantes des Nations unies, confirment l’implication directe de Mbitse dans une stratégie d’éliminations ciblées. Plus de trente assassinats ont été recensés entre 2022 et 2024 dans les zones de Masisi et Rutshuru, visant pour la plupart des civils, des dissidents, ou d’anciens alliés soupçonnés de trahison.
Le modus operandi décrit par les survivants évoque un système organisé d’exécutions extrajudiciaires, planifiées à l’avance, accompagnées parfois de tortures et d’intimidations familiales posthumes. Cette logique de terreur rappelle tristement les méthodes des interahamwe, dont plusieurs membres auraient été en contact opérationnel avec l’intéressé.
Une stratégie de positionnement assise sur la calomnie et la désinformation systémique
En perte de légitimité, tant sur le terrain que dans l’arène politique, Jules Mulumba a désormais recours à l’arme de la communication toxique et de la calomnie. Là où il ne sait pas tuer physiquement comme il en a l’habitude, il tente d’administrer la mort politique.
Ayant perdu toute crédibilité sur terrain et considéré par la population comme un simple criminel, l’homme vivrait en semi clandestinité à Kinshasa alors qu’il prétend faire ses vidéos sur le terrain des opérations à Rutshuru. Dans une série de sorties publiques délibérément incendiaires, il multiplie les accusations infondées contre plusieurs figures de l’Est du pays, semant volontairement la confusion.
À ce sujet, l’honorable Vital Kamhere, Président de l’Assemblée nationale et le Célestin Vunabandi Kanyamihigo, président de l’ACN, « , sont devenus les cibles privilégiées de cette propagande macabre. Sans apporter la moindre preuve sérieuse, l’individu a accusé le Président de l’Assemblee nationale de couvrir le député national Bertin Kirivita qualifié d’agent Rwandais.
Quant au Sénateur Vunabandi, Président de l’Ecofin du Sénat, sieur Habyarimana Mbitse l’accuse de collaborer avec l’AFC/ m23 à travers d’anciens cadres de l’ACN qui auraient rejoint le mouvement rebelle ou tout simplement du fait d’avoir aidé certains ressortissants de Rutshuru et/ou membres de son parti à trouver de l’emploi à Kinshasa.
Totalement farfelues, les dernières accusations portées par Jules Mulumba à l’endroit du Sénateur conduisent à douter gravement de l’état mental de l’accusateur qui perd en réalité le peu de crédibilité qui lui restaient encore.
En effet face aux propos de Jules MULUMBA dans sa dernière vidéo, les faits ci-après vérifiables le contredisent gravement:
– Mbonimpa aujourd’hui Secrétaire exécutif du M23 n’a jamais été membre fondateur de l’ACN contrairement aux allégations de Jules Mulumba,
– Rémy Segihobe était à l’UDPS lorsqu’il a adhéré au M23. Il avait quitté l’ACN bien longtemps avant pour l’UDPS dont il a même été candidat dans la ville de Goma;
– Madame Aldegonde accusée d’avoir été recommandée par le sénateur Vunabandi chez KABUND n’a jamais été proche du sénateur tout comme elle n’a jamais fait partie de l’ACN . Elle etait plutôt de l’UDPS et collaboratrice très proche du Ministre Désiré Birihanze ;
– Madame Ingrid Sebirayi qui est au ministère des droits humains est effectivement de l’ACN. Elle a quitté Rutshuru en fuyant le M23. Si elle pouvait être membre de ce mouvement rebelle, elle n’aurait point de raison de fuir son Rutshuru natal. Ayant renoncé à son emploi à Rutshuru pour galerer à Goma, il était du devoir de l’honorable Célestin VUNABANDI KANYAMIHIGO, comme Président de l’ACN, de l’aider en tant que camarade.
Il faut préciser que l’honorable Célestin VUNABANDI KANYAMIHIGO ne l’avait pas fait pour elle seule. Il a apporté son assistance à bien d’autres cadres du parti et à bien d’autres personnes ayant fuit le M23 ;
– Madame BÉNÉDICTE citée comme ayant été agent de protocole privée de l’honorable Célestin VUNABANDI KANYAMIHIGO est une ressortissant de Lubero qui a quitté le cabinet du sénateur Vunabandi depuis 2022, bien avant que le M23 n’arrive même à Rutshuru centre.
– Monsieur Bisukiro Emmanuel est parti à Goma comme nombreux autres acteurs politiques qui ont rejoint l’Afc/M23 à titre personnel. Depuis lors, l’ACN a pris acte de ce départ qu’il a expressément dénoncé.
Face à telles allégations formulées par Jules Mulumba , la question qu’on peut par ailleurs se poser est de savoir si tous ceux qui quittent leurs partis respectifs pour rejoindre le M23 doivent être considérés comme mandatés auprès de ce mouvement rebelle par les partis qu’ils ont désertés. Si tel devait être le cas, l’UDPS serait parmi les partis les plus indexés .
Sauf preuves irréfutables, de telles accusations ne constituent que simples raccourcis qui ne peuvent être utilisées que pour des agendas cachés par des personnes malveillantes.
Tel est certainement le cas de Habyarimana Mbitse dont le mouvement wazalendo est devenu une blanchisserie pour berner le pouvoir en place et échapper à la justice.
Une République à la croisée des chemins
Le cas Jules Mulumba alias Habyarimana Mbitse incarne à lui seul les dérives d’un système criminel qui s’est infiltré dans le mouvement wazalendo fondé sur l’impunité, la manipulation ethnique et la prédation armée.
Mais plus encore, il interroge la capacité des institutions congolaises à refonder l’autorité de l’État sur les principes du droit, de la justice et de la mémoire des victimes, en assurant un contrôle réel de vrais patriotes résistants et en extirpant de ce mouvement, tous les criminels et autres bandits de tout acabit.
Face à l’urgence, il ne peut y avoir de demi-mesure. L’heure est venue de faire tomber les masques, de briser le silence complice, et d’ériger la vérité en fondement d’une paix durable. La RDC ne peut se reconstruire tant que ses bourreaux continuent de se travestir en martyrs.



