
Mercredi, 15 octobre 2025-Ancien ministre, Richard Muyej tire la sonnette d’alarme face à la dérive autoritaire et plaide pour une gouvernance humble et participative.
Dans une tribune au ton à la fois grave et lucide intitulée « Le Congo, bien commun : pour un dialogue inclusif et une gouvernance humble », Richard Muyej s’inquiète des signes de dérive autoritaire qu’il observe dans les discours du président Félix Tshisekedi. Pour l’ancien gouverneur du Lualaba, ces dérives font ressurgir le souvenir de la période post-Mobutu et rappellent la nécessité d’un sursaut national.
Muyej évoque notamment une scène marquante de l’histoire politique congolaise : la première rencontre de Mzee Laurent-Désiré Kabila avec les officiers de l’armée en 1997, peu après sa prise de pouvoir. Il y rapporte les propos ironiques du Mzee à Mobutu : « Toi, Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu wa Za Banga, qui t’a dit que tu es Dieu ? »
Une réplique qui, selon Muyej, résumait toute une philosophie : celle du refus de la déification du pouvoir et de la personnalisation de l’État.
Aujourd’hui, souligne-t-il, cette question demeure d’actualité. Car le Congo, insiste-t-il, « est un bien commun, non l’héritage d’une famille, d’un clan ou d’un groupe d’intérêts ».
Dans son analyse, Muyej dresse un tableau sombre du climat politique et social actuel : instrumentalisation de la justice, triomphe de l’arbitraire, tribalisme, effondrement économique et pillage des ressources. Autant de maux qui, selon lui, nourrissent la division et la frustration au sein du peuple congolais.
Face à cette situation, il appelle à la tenue d’un dialogue national inclusif, véritable espace d’écoute et de reconstruction collective. Ce dialogue, insiste-t-il, doit être ouvert à toutes les forces vives de la nation, sans exclusion, afin d’analyser les causes profondes de la crise et d’envisager des solutions durables.
« Personne ne peut s’arroger le droit d’en définir seul les règles et les contours », prévient Richard Muyej, avant de rappeler que « l’humilité n’est pas une faiblesse », mais une vertu qui « élève les dirigeants, renforce leur légitimité et restaure la confiance entre gouvernants et gouvernés ».
Par ce message, l’ancien ministre signe un appel fort à la responsabilité collective et à la décence politique, à l’heure où le Congo traverse une période de tensions et d’incertitudes.
ITK



