
Jeudi, 11 décembre 2025-Conclu avec solennité le 4 décembre 2025 sous le parrainage des États-Unis, l’accord entre la RDC et le Rwanda devait symboliser le retour de Washington comme acteur stabilisateur dans la région des Grands Lacs. Mais à peine signé, il a été ouvertement défié par Kigali, qui a intensifié ses opérations militaires jusqu’à l’occupation d’Uvira le 10 décembre. Une violation assumée et provocatrice, qui interroge désormais la capacité réelle de l’Amérique à faire respecter sa médiation.
Le fait qu’un accord soutenu par la première puissance militaire mondiale soit ainsi bafoué dès le lendemain de sa signature soulève une interrogation majeure : les États-Unis peuvent-ils encore garantir l’autorité de leur propre parole diplomatique ?
Le rapport 2773 du Conseil de sécurité, documentant la présence massive de troupes rwandaises en RDC, aurait dû renforcer Washington.
Il expose au contraire un paradoxe : l’Amérique constate, dénonce, promet… mais peine à agir. Pendant ce temps, Kigali consolide ses positions, laissant Kinshasa seule face à un accord dépourvu de garanties.
Cette crise intervient dans un contexte continental marqué par une méfiance croissante envers les puissances occidentales.
La France en a fait les frais dans plusieurs pays du Sahel. Les États-Unis ne sont pas à l’abri d’un scénario similaire, alors que monte un courant panafricain cherchant des partenaires alternatifs comme Moscou, devenu une référence pour une jeunesse africaine en rupture avec l’ordre international occidental.
L’administration Trump face à un test décisif
Dans ce climat géopolitique tendu, l’accord du 4 décembre constitue le premier test africain de l’administration Trump.
Laisser Kigali violer l’engagement sans réaction ferme reviendrait à transformer Washington en « tigre de papier », incapable d’imposer le respect de sa signature.
Pour Kinshasa, attachée à la paix, il n’est pas question d’être la seule partie à respecter un accord unilatéralement violé. C’est à Washington d’assumer son rôle : demander des comptes, imposer des mesures contraignantes, réaffirmer la valeur de sa médiation.
Comme le rappelle l’Écriture : « Mieux vaut la fin d’une chose que son commencement » (Ecclésiaste 7:8). Encore faut-il que cette fin soit maîtrisée.
L’avenir du texte du 4 décembre dépend désormais d’un geste clair et décisif de Washington. Donald Trump laissera-t-il s’enliser son premier dossier africain ou choisira-t-il d’affirmer son autorité ?
ITK



