
Dimanche, 14 décembre 2025-Le projet d’édit budgétaire de l’exercice 2026, présenté le 6 décembre 2025 à l’Assemblée provinciale du Kongo Central par le gouverneur Grâce Nkuanga Masuangi Bilolo, a été jugé non recevable par la grande majorité des députés provinciaux. En cause : la non-prise en compte des préoccupations majeures soulevées par les élus, qui ont purement et simplement rejeté ledit projet.
Cette décision est intervenue à l’issue de la plénière tenue le samedi 14 décembre 2025. Elle fait suite à l’audition du ministre provincial du Budget, Jean Cornelis Mbilu, dont les réponses, jugées peu convaincantes, imprécises et révélatrices d’un manque de préparation, n’ont pas réussi à apaiser les inquiétudes des représentants du peuple.
Sur les 31 députés provinciaux ayant pris part au vote, 20 ont voté pour le rejet du projet d’édit budgétaire, un seul s’est abstenu, tandis que 10 l’ont approuvé, non sans réticence. La majorité s’étant clairement prononcée contre, le projet a été déclaré non recevable.
Prenant la parole à l’issue du vote, le rapporteur de l’Assemblée provinciale, Billy Ntunga, a expliqué que le ministre avait répondu aux préoccupations des députés par catégories, une démarche qui n’a pas rencontré l’assentiment de l’organe délibérant.
« Les députés ont estimé que leurs desiderata n’ont pas été satisfaits et n’avaient dès lors d’autre alternative que de rejeter le projet », a-t-il déclaré.
Le rapporteur a toutefois indiqué que l’Assemblée provinciale restait ouverte à un nouveau projet, à condition que les insuffisances relevées soient corrigées dans les plus brefs délais.
« Nous attendons que le gouvernement provincial nous revienne, au plus tard le lundi 15 décembre avant minuit, avec un budget mieux élaboré et techniquement viable », a précisé Billy Ntunga.
À l’issue des débats, les élus provinciaux ont insisté pour que leurs préoccupations soient désormais traitées individuellement, et non regroupées par catégories, comme ce fut le cas lors de la dernière plénière.
Mais avant le vote final, une motion incidentielle a été soulevée par le député provincial de Mbanza-Ngungu, Atou Matubuana Nkuluki. Celui-ci a dénoncé l’absence du gouverneur provincial à la plénière, alors même que ce dernier serait présent dans la province.
« Rien, absolument rien, ne justifie que le gouverneur délègue un ministre pour un dossier aussi sensible que le budget de la province pour l’exercice 2026 », a-t-il fustigé.
Et d’ajouter : « C’est du sabotage, c’est de l’opprobre, voire un manque de respect à l’égard des élus provinciaux », a martelé l’ancien gouverneur du Kongo Central.
À noter que cette plénière a également permis la validation du mandat du premier suppléant de Jean Malongo Nzeza, récemment nommé ministre dans le gouvernement Bilolo II. À cette occasion, le président de l’Assemblée provinciale, Victor Nsuami Mpaka, a présenté, au nom de l’ensemble des députés, ses sincères félicitations au nouvel élu, lui souhaitant un mandat fructueux.
Pour de nombreux analystes politiques suivant de près l’évolution de la situation au Kongo Central, cette crise budgétaire illustre les profondes tensions qui minent la province depuis plusieurs mois. Les relations de plus en plus conflictuelles entre l’Exécutif provincial et l’organe délibérant laissent craindre une implosion institutionnelle, si aucune mesure corrective n’est rapidement prise.
Au lieu de conjuguer leurs efforts et de regarder dans la même direction, les deux institutions semblent engluées dans des querelles répétitives, souvent perçues comme de façade, au détriment de la cohésion provinciale et du développement du Kongo Central, pourtant attendu par une population de plus en plus éprouvée.
Dieudonné MUAKA DIMBI



