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Kongo Central : les retraités du Département des Ports Maritimes de l’Onatra vivent un calvaire sans précédent !

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Samedi, 20 décembre 2025-La nouvelle pourrait passer pour un canular. Elle est pourtant une réalité bien vivante.
Les retraités de l’Office national des transports (Onatra), plus précisément ceux du Département des Ports Maritimes (DPM), basés dans la province du Kongo Central, traversent une situation sociale dramatique, jamais vécue depuis la création de cet office public.

À la veille des deux grandes fêtes de fin d’année, Noël 2025 et Nouvel An 2026, période durant laquelle la majorité des familles s’efforcent de célébrer dignement, ces anciens travailleurs ne savent plus à quelle porte frapper pour subvenir aux besoins élémentaires de leurs foyers.

Ils se disent victimes d’un abandon total de la part de leur ancien employeur, dont les multiples promesses de paiement des indemnités de sortie sont restées lettres mortes.

Selon l’un d’eux, qui a requis l’anonymat, sur les douze mois de l’année en cours, ils n’auraient perçu que trois mois de salaire, versés difficilement après de longues démarches. Une situation jugée incompréhensible et révoltante.

Plus grave encore, certains retraités ayant bénéficié en 2023 d’acomptes sur leurs indemnités de sortie n’ont même pas été concernés par ces maigres paiements, ce qui, selon eux, illustre une gestion défaillante et une mauvaise gouvernance au sommet de l’entreprise.

Face à cette précarité prolongée, largement au-delà du seuil du tolérable, les retraités du DPM ont décidé de rompre le silence. Ils ont tenu récemment une importante rencontre au centre de formation de l’Onatra, situé au quartier Ville-Basse, dans la commune de Matadi.

À cette occasion, ils ont convié le député provincial de la circonscription de Matadi, Ruphin Kisilu Diansantima, pour y participer en qualité d’observateur.

Les anciens agents, qui ont consacré de longues années de loyaux services à cette entreprise du portefeuille de l’État, ont profité de cette rencontre pour passer au peigne fin la dégradation de leurs conditions de vie, lesquelles ne leur permettent plus de joindre les deux bouts du mois.

Ils imputent cette situation à la mauvaise volonté des dirigeants actuels de l’Onatra et ont, en conséquence, formulé des propositions concrètes de sortie de crise.

Au terme des échanges, deux principales revendications ont été retenues :
le paiement, dans les plus brefs délais, de la totalité des indemnités de sortie dues ;
la révision, sans condition, des montants perçus trimestriellement à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), jugés aujourd’hui caducs au regard des réalités économiques actuelles.

Un mémorandum reprenant l’ensemble de ces revendications a été officiellement remis au député provincial Ruphin Kisilu Diansantima, en sa qualité de défenseur des intérêts de ses électeurs. Les retraités lui ont demandé de plaider leur cause auprès des autorités compétentes et d’en assurer un suivi rigoureux en vue de solutions rapides, durables et justes.

L’élu de la ville portuaire de Matadi a salué l’initiative des retraités du Département des Ports Maritimes de l’Onatra. Qualifiant la situation de « déplorable », il a promis son implication totale dans ce dossier jusqu’à son aboutissement, dans la mesure du possible.

Il a, par ailleurs, jugé inconcevable qu’une entreprise générant des recettes importantes continue à sacrifier d’anciens pères de famille qui ont longtemps contribué à sa survie et à sa relance, au profit d’intérêts égoïstes de certains dirigeants. Un comportement qu’il a qualifié d’inacceptable et moralement condamnable.

Dans un climat social de plus en plus tendu, plusieurs observateurs estiment que cette situation devrait également interpeller les plus hautes autorités du pays, notamment le Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Ces derniers appellent à une implication personnelle du Président de la République afin d’ordonner le paiement effectif des indemnités de sortie de tous les retraités de l’Onatra.

Ces anciens travailleurs, dont certains sont décédés sans jamais bénéficier de leurs droits, méritent respect et considération. Les faire attendre indéfiniment, au mépris de leur dignité, constitue une injustice que beaucoup jugent aujourd’hui insoutenable.

Dieudonné MUAKA DIMBI 

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