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Kongo Central : À Muanda, les habitants de Maputu dénoncent la démolition de leurs maisons par les autorités militaires de Kitona !

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Jeudi, 12 février 2026-La tension est vive dans le groupement Maputu, situé dans le secteur d’Assolongo, en territoire de Muanda (Kongo Central). Plusieurs habitations ont été démolies sur ordre des autorités militaires de la Base de Kitona (BAKI), selon les accusations portées par les habitants et relayées par l’honorable Jelson Sisi Vimbi, député provincial élu de Muanda.

D’après les témoignages recueillis sur place, l’opération aurait été menée sans notification préalable aux occupants des maisons concernées. Une situation que le député provincial condamne « avec la dernière énergie », estimant que cette démarche ne reposerait sur « aucune base légale ».

Jelson Sisi Vimbi affirme que, même dans l’hypothèse où certaines constructions auraient empiété sur le périmètre militaire, une procédure légale préalable aurait dû être engagée afin d’établir clairement les responsabilités.

Selon lui, la question des limites de la concession militaire remonterait à l’époque du feu Général Moustapha, ancien commandant de la Base de Kitona.

À l’issue d’un processus de délimitation mené avec les services compétents de l’État, il aurait été établi que les habitants de Maputu étaient dans leur droit de s’installer dans cette zone aujourd’hui contestée. Une version catégoriquement rejetée par les autorités militaires.

La position de la Base de Kitona

Du côté de la Base militaire de Kitona, l’argument est sans ambiguïté : la loi foncière interdit formellement toute construction à proximité ou à l’intérieur des périmètres d’un camp militaire, particulièrement lorsqu’il s’agit d’un centre d’instruction et de formation.

Les responsables militaires soulignent que des exercices pratiques, notamment des tirs réels, y sont régulièrement organisés et exigent des zones strictement sécurisées et inhabitées. Selon eux, l’opération de démolition s’inscrit dans une logique de protection des emprises publiques et de rétablissement de l’ordre.

Face à ce qu’il qualifie « d’embrouillamini », le député provincial appelle la hiérarchie des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) à intervenir rapidement.

Il plaide pour un dialogue avec les habitants concernés et une revisitation officielle des limites séparant la Base de Kitona du groupement Maputu, avec l’implication des services du cadastre et des titres immobiliers.

Selon lui, seule une procédure transparente et légale permettrait d’apaiser les tensions et de préserver la paix sociale dans cette partie du territoire de Muanda.

En attendant, les conséquences humanitaires sont déjà visibles. Des familles dont les maisons ont été rasées passent désormais leurs nuits à la belle étoile, exposées aux intempéries et aux risques sanitaires.

Plusieurs analystes rappellent que si les emprises publiques, notamment les camps militaires, sont protégées par l’État, ce même État est parfois accusé de céder irrégulièrement certaines portions de ces espaces à des particuliers, en leur délivrant des certificats d’enregistrement.

Dans ce contexte, des voix s’élèvent pour demander à l’État congolais d’assumer ses responsabilités, notamment en trouvant des solutions provisoires de relogement pour les victimes, en procédant à une clarification officielle des limites foncières et, le cas échéant, en indemnisant les familles affectées.

Certains plaident également pour des sanctions contre d’éventuels agents des services de l’urbanisme ou des titres immobiliers qui auraient orienté les habitants vers des sites non lotis ou interdits à l’habitation.

Dieudonné MUAKA DIMBI

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