
Jeudi, 16 avril 2026-La crise larvée entre l’organe délibérant et le gouvernement provincial du Kongo Central continue de s’enliser, en dépit des appels répétés du président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo à une gouvernance fondée sur la transparence, la redevabilité et la collaboration institutionnelle.
Malgré ces exhortations formulées notamment lors des conférences des gouverneurs dont la dernière tenue à Bandundu, la situation sur le terrain reste préoccupante.
Entre l’Assemblée provinciale et l’exécutif dirigé par Grâce Nkuanga Masuangi Bilolo, la collaboration affichée semble davantage relever d’une façade que d’une volonté réelle de travailler ensemble.
Officiellement, les deux institutions prônent une synergie d’actions pour le développement de la province. Mais en interne, les divergences persistent et les signaux d’alerte se multiplient.
Le lundi 13 avril dernier, lors du compte rendu de la réunion hebdomadaire du bureau de l’Assemblée provinciale, une innovation visant à renforcer le suivi des affaires publiques, le rapporteur adjoint Guylain Panzu Tsasa Mangovo a dressé un tableau sombre de la situation financière de l’organe délibérant.
Selon ses révélations, depuis septembre 2025, l’Assemblée provinciale n’a reçu que trois rétrocessions du gouvernement central, correspondant aux mois de septembre, novembre et décembre.
Une situation qui fragilise sérieusement le fonctionnement de l’institution.
Mais le malaise ne s’arrête pas là.
Le rapporteur adjoint accuse également l’exécutif provincial de mauvaise foi, l’estimant largement responsable du dysfonctionnement actuel de l’Assemblée.
En cause : le non-paiement régulier de l’appui budgétaire mensuel, pourtant fixé à 500 millions de francs congolais.
À ce jour, l’Assemblée provinciale cumule cinq mois d’arriérés, une situation jugée « aberrante » par plusieurs observateurs. Cette précarité financière impacte non seulement le fonctionnement administratif de l’institution, mais aussi la capacité des députés à répondre aux besoins sociaux de leurs électeurs.
Un contraste d’autant plus frappant que la régie financière provinciale, la DGR/KC, mobiliserait près de 12 milliards de francs congolais chaque mois.
Face à cette situation, de nombreux analystes estiment que l’appel du Chef de l’État à une collaboration sincère reste lettre morte dans le Kongo Central.
Ce blocage institutionnel pourrait constituer un frein majeur au développement de cette province emblématique, terre notamment du prophète Simon Kimbangu et de Joseph Kasa-Vubu.
Au regard de la gravité de la crise, plusieurs voix s’élèvent pour appeler la notabilité du Kongo Central à jouer un rôle de médiation afin de rapprocher les deux institutions.
Dieudonné MUAKA DIMBI



