
Jeudi, 12 mars 2026-Les activités académiques à l’Institut Supérieur des Techniques Médicales de Kisantu (ISTM/Kisantu), dans la province du Kongo Central, sont suspendues jusqu’à nouvel ordre sur décision du ministère de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU).
Une information qui circulait depuis plusieurs heures comme une rumeur a été confirmée officiellement après la signature, le lundi 9 mars 2026, d’un arrêté ordonnant l’arrêt de toutes les activités académiques dans cet établissement.
Cette décision fait suite aux incidents survenus le 5 mars dernier, lorsque des étudiants de l’ISTM/Kisantu ont organisé une marche dans les rues de la cité pour faire entendre leurs revendications.
Bien que présentée au départ comme pacifique, la manifestation a dégénéré lorsque certains étudiants ont brûlé des pneus sur la Route nationale n°1, bloquant la circulation pendant plusieurs heures.
Face à cette situation, les éléments de la Police nationale congolaise (PNC), déployés pour encadrer la marche, ont fait usage de gaz lacrymogènes afin de disperser les manifestants.
Si une partie de la population de Kisantu a salué l’intervention des forces de l’ordre, les étudiants l’ont, de leur côté, perçue comme une provocation, ce qui a entraîné des jets de pierres contre la police.
Les affrontements qui ont suivi ont fait plusieurs blessés, tant du côté des étudiants que des forces de l’ordre.
Des revendications liées aux conditions académiques
À travers cette marche, les étudiants réclamaient notamment : plus de transparence dans la fixation des frais académiques, jugés trop élevés ; le respect de la durée des stages pratiques ; l’amélioration de la qualité de l’enseignement ; l’application des droits des étudiants vivant avec handicap.
Toutefois, les autorités académiques reprochent aux manifestants d’avoir enfreint les dispositions du règlement intérieur de l’institution en matière de procédure de revendication.
Selon les informations disponibles, la décision de suspension a été prise par le ministre Augustin Kibassa Maliba, agissant au nom de son collègue de l’ESU actuellement en mission à l’étranger.
Le ministère envisage également l’envoi d’une mission d’évaluation à Kisantu afin d’identifier les causes profondes de la crise qui secoue cette institution.
Depuis quelque temps, l’ISTM/Kisantu serait confronté à plusieurs difficultés d’ordre organisationnel. Parmi les préoccupations évoquées figurent notamment le retard dans l’organisation de la collation des grades académiques ainsi que la remise des diplômes pour l’année académique 2024-2025.
Dans ce contexte, une partie de la communauté estudiantine espère que la mission annoncée par la tutelle permettra d’apporter des solutions concrètes aux problèmes qui persistent au sein de l’établissement.
Dieudonné MUAKA DIMBI



