
Dimanche, 15 mars 2026-La République démocratique du Congo se dote désormais d’un Tribunal pénal économique et financier, une juridiction spécialisée chargée de réprimer les infractions graves en matière économique et financière. La création de cette nouvelle instance par Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a été annoncée samedi à la télévision nationale, la Radio-Télévision Nationale Congolaise (RTNC), à travers la lecture d’une ordonnance présidentielle.
Selon le porte-parole adjoint du Président de la République, Roger Kalenga, cette juridiction est instituée conformément à l’article 149, alinéa 6 de la Constitution.
« Il est créé, au sein de l’ordre des juridictions judiciaires, une juridiction spécialisée dans la répression des infractions graves en matière économique et financière (…) dénommée Tribunal pénal économique et financier », a-t-il déclaré.
Une juridiction spécialisée et autonome
D’après l’ordonnance présidentielle, le Tribunal pénal économique et financier jouira d’une autonomie fonctionnelle et disposera d’un budget propre inscrit au budget national, ainsi que d’un règlement intérieur.
Les infractions relevant de cette juridiction seront recherchées, instruites, poursuivies et jugées par les instances compétentes qui y sont rattachées.
Le tribunal aura son siège dans la capitale, Kinshasa, siège des institutions de la République. Le texte prévoit également la création d’un Parquet général près cette juridiction, destiné à assurer la poursuite des infractions économiques et financières de grande ampleur.
Pour plusieurs acteurs de la société civile, la mise en place de ce tribunal représente une avancée majeure dans la lutte contre la corruption et les détournements de deniers publics.
Le président de l’Asadho, Jean-Claude Katende, estime que la création de ces institutions constitue « une véritable révolution dans le monde judiciaire congolais ».
Toutefois, il souligne que la réussite de cette réforme dépendra largement de la qualité des personnes qui seront appelées à diriger ces structures.
Selon lui, il est essentiel de nommer des magistrats compétents, intègres et indépendants, capables de résister à la corruption.
« Ces institutions doivent échapper à la malédiction des autres institutions judiciaires qui ont perdu la confiance des citoyens à cause de la corruption et des animateurs véreux », a-t-il déclaré, espérant que les criminels économiques « manquent désormais de sommeil ».
De son côté, l’ancien Inspecteur général des finances, Jules Alingete, a salué l’effectivité de la création de cette juridiction ainsi que du Parquet général qui y est rattaché.
Selon lui, cette décision du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo constitue une avancée majeure dans la lutte contre la corruption en République démocratique du Congo.
La mise en place effective du Tribunal pénal économique et financier devrait désormais passer par la nomination des magistrats et du personnel judiciaire appelés à en assurer le fonctionnement, étape jugée cruciale pour garantir l’indépendance et l’efficacité de cette nouvelle institution.
ITK




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