
Mercredi, 1er avril 2026-Dans la province du Nord-Kivu, le Centre de Santé de Référence (CSR) de Nyanzale, situé dans le territoire de Rutshuru, fait face à une situation critique. Le manque d’appuis financiers pour son laboratoire clinique constitue aujourd’hui un sérieux obstacle à la prise en charge adéquate des patients.
Selon le médecin directeur de la structure, le docteur Franc, ce laboratoire – pourtant essentiel pour poser des diagnostics fiables – fonctionne sans aucun financement. Une réalité qui fragilise l’ensemble du dispositif de soins dans une zone déjà fortement affectée par les déplacements de populations.
« La plupart des patients que nous recevons proviennent de plus de 20 aires de santé. Ce sont majoritairement des déplacés et des retournés, souvent sans ressources pour payer les examens de laboratoire », explique-t-il. Une situation qui complique considérablement les traitements, certains malades arrivant dans un état critique alors qu’une prise en charge précoce aurait été possible avec des moyens adéquats.
Malgré ce tableau préoccupant, quelques partenaires apportent encore leur soutien. Le médecin directeur salue notamment l’appui du Comité International de la Croix-Rouge (CICR), actif dans les services de maternité, de pédiatrie et dans la prise en charge des blessés par balles. De son côté, l’ONG COOPI intervient dans le domaine de la nutrition, bien que son financement arrive à échéance à la fin du mois.
Cependant, plusieurs services restent totalement délaissés, en particulier la médecine interne. « Les besoins sont énormes et concernent de nombreuses catégories de patients, mais les moyens font défaut », déplore le docteur Franc.
Face à cette urgence sanitaire, les responsables du CSR de Nyanzale lancent un appel pressant aux partenaires humanitaires et sanitaires. Ils sollicitent un appui en équipements, en réactifs de laboratoire, en consommables médicaux ainsi qu’un financement durable.
Dans un contexte d’insécurité persistante dans l’est de la République démocratique du Congo, le renforcement du laboratoire clinique apparaît comme une priorité absolue pour améliorer la qualité des soins et sauver des vies.
Jonathan TSONGO



