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Matadi : des kiosques rasés dans la nuit !

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Vendredi, 3 avril 2026-À Matadi, la nuit du jeudi 2 au vendredi 3 avril 2026 restera gravée dans les mémoires de nombreux petits commerçants. Des boutiques, bistrots et kiosques de fortune érigés le long de la concession des établissements Fretin, à proximité des installations de la Radio télévision nationale congolaise, ont été entièrement rasés sur décision des autorités.

À l’origine de cette opération, un long feuilleton judiciaire opposant le propriétaire de la concession à des occupants installés depuis des années sur ses emprises.

L’homme d’affaires, bien connu dans la ville, avait à plusieurs reprises demandé aux concernés de libérer volontairement les lieux, sans obtenir gain de cause. Face à leur refus persistant, il avait saisi la justice.

Le 19 décembre 2025, le Parquet général près la Cour d’appel du Kongo Central avait tranché en faveur des établissements Fretin. Les autorités judiciaires avaient notamment mis en avant les risques réels d’accident liés à l’état du mur de la concession, jugé penché et instable, représentant un danger pour les occupants et les passants. L’exécution immédiate de la décision avait alors été ordonnée.

Malgré cette décision, les occupants avaient tenté de résister. Le même jour, ils avaient organisé un sit-in devant l’Assemblée provinciale du Kongo Central, plaidant pour un délai et surtout pour un site de recasement leur permettant de poursuivre leurs activités commerciales, principales sources de subsistance pour leurs familles.

Sensible à leurs préoccupations, le bureau de l’organe délibérant leur avait accordé un délai de trois mois, allant jusqu’au 19 mars 2026.

Mais à l’expiration de ce moratoire, aucune avancée concrète n’avait été constatée. Ce qui a conduit les autorités urbaines, se fondant sur le principe de l’autorité de la chose jugée, à passer à l’action. L’opération de démolition a ainsi été menée nuitamment, sans possibilité de résistance.

Au matin du 3 avril, les commerçants n’ont pu que constater l’ampleur des dégâts. Entre colère, désarroi et sentiment d’injustice, plusieurs d’entre eux accusent l’État congolais de les avoir abandonnés, estimant que la question du recasement n’a pas été suffisamment prise en compte.

Si les autorités mettent en avant la nécessité de faire respecter la loi et de prévenir un danger réel, cette opération relance néanmoins le débat récurrent en République démocratique du Congo sur la gestion des espaces urbains, l’exécution des décisions de justice et la protection des moyens de subsistance des populations les plus vulnérables.

 

Dieudonné MUAKA DIMBI 

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