
Samedi, 11 avril 2026-Un nouveau bras de fer oppose les populations autochtones du territoire de Muanda, dans la province du Kongo Central, à la société pétrolière Perenco, unique productrice de pétrole en République démocratique du Congo.
Depuis plusieurs semaines, les tensions sont ravivées entre les communautés locales et cette entreprise qui exploite, depuis plus de 50 ans, des champs pétroliers et gaziers onshore et offshore dans la zone côtière de Muanda.
Les populations dénoncent une exploitation qu’elles jugent abusive des terres mises à disposition, ainsi qu’un non-respect présumé des engagements contractuels liant l’État congolais à la compagnie.
Des accusations graves de pollution
Les communautés locales, soutenues par certaines organisations non gouvernementales, accusent Perenco de pratiques nuisibles à l’environnement.
Parmi les faits évoqués figurent : des déversements de pétrole sur les terres agricoles ; l’enfouissement de déchets toxiques dans des fosses non aménagées ;
le torchage du gaz naturel.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, ces pratiques auraient des conséquences désastreuses sur l’écosystème local, notamment la dégradation des sols devenus de moins en moins fertiles. Une situation alarmante dans une région où l’agriculture constitue la principale source de subsistance.
Impacts sanitaires préoccupants
Au-delà de l’environnement, les habitants pointent également des effets néfastes sur leur santé.
Des cas récurrents de maladies respiratoires seraient observés dans les structures sanitaires locales, alimentant davantage la colère des populations qui estiment payer le prix fort de l’exploitation pétrolière.
Se sentant lésées et abandonnées, les populations de Muanda affirment ne plus bénéficier des retombées de l’exploitation de leurs ressources naturelles.
Elles appellent ainsi le gouvernement de la République démocratique du Congo à revoir, voire résilier, le contrat qui le lie à Perenco, estimant que celui-ci ne favorise pas leur développement.
Pour ces communautés, l’exploitation pétrolière dans cette région côtière devrait être un levier de croissance locale, et non une source de précarité et de dégradation environnementale.
Vers un dialogue nécessaire ?
Face à l’enlisement du conflit, plusieurs observateurs préconisent l’ouverture d’un dialogue inclusif réunissant : les représentants des communautés locales ;
la société Perenco ; les autorités congolaises ; ainsi que les partenaires internationaux concernés.
L’objectif serait de réexaminer les clauses du contrat, voire de renégocier un nouvel accord garantissant des bénéfices équitables et durables pour toutes les parties.
De son côté, Perenco rejette les accusations de manquement à ses obligations contractuelles. L’entreprise affirme respecter les normes en vigueur et met en avant les actions sociales qu’elle dit mener en faveur des populations locales.
Elle appelle également à plus de “sincérité” dans les échanges, estimant que ses efforts en matière de développement communautaire ne sont pas suffisamment reconnus.
Dieudonné MUAKA DIMBI



