
Samedi, 23 mai 2026-Le gouvernement congolais veut accélérer la modernisation du secteur agricole à travers plusieurs projets structurants, dont la mise en place prochaine d’usines de fabrication de tracteurs à Butembo, Lubumbashi et Kimpese. Cette annonce a été faite par le ministre d’État en charge de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi Butondo, lors de son intervention devant les sénateurs réunis le jeudi 21 mai dernier.
Répondant à une question orale avec débat initiée par le sénateur Willy Itsundala Asang, le ministre a rappelé que la RDC dispose d’immenses potentialités agricoles grâce à ses vastes terres arables, sa pluviométrie favorable et ses nombreuses ressources naturelles.
Selon lui, l’ambition du gouvernement est de faire de l’agriculture un véritable levier de développement économique et de réduire progressivement la dépendance alimentaire du pays.
Pour concrétiser cette vision, Muhindo Nzangi a présenté une stratégie articulée autour de cinq axes prioritaires : les semences, les fertilisants, la mécanisation, l’encadrement des agriculteurs ainsi que le stockage et la commercialisation des produits agricoles.
Concernant les semences, il a annoncé la réhabilitation de 26 Centres d’Appui d’Adaptation et de Production des Semences Agricoles (CAAPSA) répartis sur l’ensemble du territoire national.
Ces centres seront notamment dotés de laboratoires d’analyse des sols, de stations météorologiques et d’infrastructures destinées à améliorer la production et la distribution de semences de qualité.
Sur la question des fertilisants, le ministre a insisté sur la nécessité de renforcer le contrôle des engrais disponibles sur le marché afin de lutter contre la circulation de produits de mauvaise qualité.
Des partenariats sont également envisagés pour encourager une production locale capable de répondre aux besoins des agriculteurs congolais.
La mécanisation agricole constitue l’un des piliers majeurs de cette réforme. Outre les futures usines de fabrication de tracteurs à Butembo, Lubumbashi et Kimpese, le gouvernement prévoit également le déploiement de brigades de mécanisation dans plusieurs provinces du pays.
Le ministre a expliqué que l’État entend désormais privilégier l’accompagnement des petits producteurs, des entreprises agricoles privées et des investisseurs, plutôt que d’assurer directement les activités de production.
L’objectif affiché est d’augmenter significativement la production nationale afin de réduire, dans les prochaines années, les importations de produits de première nécessité tels que le maïs, le riz, les haricots et le manioc. Un projet de réserve stratégique nationale destiné à améliorer le stockage et la commercialisation des récoltes a également été évoqué.
L’intervention du ministre a suscité un vif intérêt au sein du Sénat. Plus d’une centaine de questions lui ont été adressées par les élus, preuve de l’importance accordée à l’avenir du secteur agricole en RDC. Face à certaines préoccupations techniques, les sénateurs lui ont accordé un délai de 48 heures afin de compléter ses réponses avec des éléments plus détaillés.
Plusieurs parlementaires ont salué l’engagement du ministre et ses efforts en faveur des zones rurales, estimant que la modernisation de l’agriculture représente l’un des principaux leviers pour renforcer la sécurité alimentaire et soutenir le développement économique de la RDC.
Trésor KAMAVU



