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Ville morte : En célébrant un succès que les faits démentent, l’opposition expose son désarroi (Steve Mbikayi) !

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Jeudi, 4 juin 2026-L’opposition, hier, a tenté de transformer son impuissance en spectacle. Faute de base, elle a choisi l’intimidation. Pendant des jours, ses oracles ont prédit le chaos : planquez vos voitures, enfermez vos enfants. Sous-entendu : si vous sortez, vous le paierez. Ainsi, ne pouvant obtenir une ville morte par l’enthousiasme, on a voulu l’obtenir par l’angoisse. Mais l’angoisse est une bien piètre locomotive. Plus le temps passe, plus elle déraille.

Dès cinq heures du matin, à Kinshasa, la réalité a ri des pronostics. Des grappes humaines aux arrêts de bus. Des taxis-motos qui renâclent puis repartent. Peu à peu, la ville a secoué sa torpeur.

Certes, les premiers frimas ont figé les propriétaires de berlines. Les mises en garde de la veille collaient encore aux rétroviseurs. Mais à huit heures, la circulation s’est dénouée. À onze heures , elle avait presque retrouvé son allure coutumière ; pas tout à fait, mais presque, comme une respiration qui se rajuste.

Les étals ont fleuri sur les trottoirs du boulevard Lumumba, de Matonge, de Kitambo magasins…

Les marchands ambulants ont renoué avec leur litanie quotidienne dans les arrêts de bus. Les supermarchés ont ouvert leurs ventres climatisés. Les banques, leurs guichets.

Dans certaines écoles les élèves ont passé leurs derniers examens.
Kinshasa a vécu, non à cent pour cent, mais comme on se réveille d’un mauvais rêve. Un peu lentement, mais très sûrement.

Bilan : entre 70 et 80 % d’activités dans la capitale. Le reste ? Une portion de prudents, une pincée de convaincus, quelques travailleurs opportunistes profitant de l’occasion. Rien qui ressemble à une paralysie. Dans les provinces, le constat est encore plus cinglant : le peuple a massivement tourné le dos au mot d’ordre.

Le résultat était si maigre pour l’ensemble de l’opposition mise ensemble. À chaque action correspond une réaction dixit Isaac Newton (1687). Imaginez la réplique de la majorité. L’échec du 03 juin l’a davantage ragaillardie.

Souvenons-nous. Du temps de l’Union sacrée de l’opposition radicale face à Mobutu, avec Étienne Tshisekedi en tête. Une ville morte était vraiment morte. Désert. Silence.

Les « bleus-blancs » disparaissaient comme des ombres. Les rues étaient sèches. Aujourd’hui, l’opposition célèbre 20 à 30 % de réussite à Kinshasa. 5% dans l’arrière pays suite à une petite timidité le matin dans la ville de Lubumbashi. Soit une très bonne note… dans une école où l’on distribue les prix aux moins mauvais.
C’est tout de même mieux que rien pour une opposition ensommeillée.

Un étudiant ramènerait 20 % chez lui ? Il ne lèverait pas le verre. Il irait en correction. L’opposition actuelle, elle, s’en félicite. Ce minimalisme assumé est un aveu. L’écart est béant entre ses songes et le macadam.

Alors, derniers soubresauts ou prélude à une résurrection ? La question mériterait presque un haussement d’épaules. Car avec une telle faiblesse de mobilisation, le camp du changement de la Constitution peut aborder la suite avec une sérénité de marbre. Comme diraient les kinois : « tiiii na trois ».

Cette « ville morte » ? Elle a surtout enterré les illusions de ses fossoyeurs. En célébrant un succès que les faits démentent, l’opposition a surtout exposé l’étendue de son désarroi.

Certes, la C64 n’a pas été enterrée le 3 juin comme je l’annonçais dans la carte blanche 270. Elle agonise encore. Mais après cette démonstration de faiblesse, son agonie ne saurait durer. Et le boulevard vers la quatrième République ne sera jonché d’aucun obstacle majeur.

Steve Mbikayi 

Député national 

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