Mardi, 16 juin 2026-Depuis près d’une semaine, la ville de Matadi, chef-lieu de la province du Kongo Central, fait face à une pénurie aiguë des produits pétroliers dans plusieurs stations-service. Une situation qui perturbe fortement les activités économiques et les déplacements des habitants.
Dans la plupart des stations-service de la ville, de longues files de véhicules, motos et tricycles sont visibles dès les premières heures de la matinée. Certains conducteurs passent même la nuit devant les pompes dans l’espoir d’être servis parmi les premiers à l’ouverture. D’autres, faute de patience ou de disponibilité du carburant, rentrent sans avoir pu se procurer la moindre quantité d’essence ou de mazout.
Cette rareté du carburant a des conséquences directes sur les revenus des transporteurs, notamment les chauffeurs de taxis, les conducteurs de motos-taxis et les propriétaires de tricycles, dont les recettes journalières sont affectées par la réduction du temps de circulation de leurs engins.
Selon plusieurs observateurs ainsi que certains responsables de stations-service approchés, l’origine de cette crise serait liée à une nouvelle procédure imposant aux entreprises pétrolières le paiement anticipé des taxes et redevances avant l’acheminement des produits vers le marché local.
Ces derniers estiment que cette mesure aurait été appliquée de manière unilatérale, sans concertation préalable avec les opérateurs du secteur afin d’identifier des mécanismes susceptibles d’éviter une perturbation de l’approvisionnement.
Face à cette situation jugée préoccupante, plusieurs voix appellent le ministère provincial ayant les hydrocarbures dans ses attributions à organiser rapidement une réunion avec toutes les parties prenantes afin de trouver une solution durable et mettre fin à cette pénurie qui alimente déjà les inquiétudes au sein de la population de Matadi.
La pénurie a également entraîné une hausse des tarifs de transport dans certains quartiers. Des conducteurs de motos-taxis exigeraient désormais jusqu’à 1 000 francs congolais pour des trajets de courte distance, contre 500 francs auparavant.
L’autorité urbaine est ainsi appelée à veiller au respect de la grille tarifaire officielle des transports publics et à prendre les mesures nécessaires contre les éventuels abus constatés, dans le but de protéger les usagers en cette période de crise d’approvisionnement en carburant.
Dieudonné MUAKA DIMBI


