Samedi, 4 juillet 2026-Le Procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde Mambu, a publié, ce samedi 4 juillet 2026, un communiqué officiel afin de clarifier les contours de l’affaire qui défraie la chronique depuis plusieurs jours et qui met en cause plusieurs personnalités congolaises, parmi lesquelles Jules Alingete Key, ancien Inspecteur général des finances, ainsi que des responsables du Groupe Rawji.
Cette mise au point fait suite à la fuite sur les réseaux sociaux d’une correspondance datée du 20 juin 2026, portant interdiction de sortie du territoire national à l’encontre de Mustapha Rawji, Zahir Rawji, Zain Rawji, Jules Alingete Key, Kiala Ndombele, Nanu Mukwa, alias Nanu Alingete, et Jock Ukelo.
Dans son communiqué, le chef du parquet confirme sans équivoque l’authenticité de cette lettre, mettant ainsi fin aux nombreuses spéculations qui remettaient en cause son existence.
Toutefois, il tient à préciser que cette mesure ne saurait être interprétée comme une condamnation ou une reconnaissance anticipée de culpabilité.
Selon lui, il s’agit d’une mesure purement conservatoire, prise dans le cadre d’une instruction judiciaire en cours, dont l’objectif est de garantir la disponibilité des personnes concernées devant les magistrats instructeurs pendant toute la durée des investigations.
Le Procureur général révèle que l’ouverture de cette instruction judiciaire découle d’une injonction adressée à son office par le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, à travers une correspondance datée du 18 juin 2026.
Cette injonction demandait l’ouverture d’une information judiciaire sur des faits susceptibles de constituer des infractions pénales, reprochés aussi bien aux personnes physiques citées qu’à certaines entreprises du Groupe Rawji, notamment Rawbank SA.
L’objectif de cette procédure est d’établir, sur la base des éléments de preuve recueillis, les responsabilités pénales qui pourraient éventuellement découler des faits dénoncés.
Le communiqué replace également cette affaire dans le contexte plus large de la lutte contre la corruption, le blanchiment des capitaux et les infractions économiques menée par les autorités congolaises.
Le parquet estime qu’au regard de la nature des faits dénoncés, il était impératif d’agir rapidement afin de préserver les intérêts de la justice. C’est dans cette logique que l’interdiction de quitter le territoire a été décidée, afin d’éviter que les personnes visées ne se soustraient aux investigations en quittant le pays avant d’être entendues par les autorités judiciaires.
L’un des points majeurs de cette mise au point réside dans le rappel du principe fondamental de la présomption d’innocence. Firmin Mvonde souligne qu’à ce stade des investigations, aucune preuve définitive n’a encore permis d’établir la culpabilité des personnes concernées.
Il qualifie même de « hasardeuses » toutes les affirmations qui présenteraient déjà les personnes citées comme coupables, rappelant que seule l’issue de l’instruction permettra de déterminer s’il existe ou non des charges suffisantes pour engager des poursuites devant les juridictions compétentes.
Le Procureur général apporte également une précision importante concernant certains faits évoqués dans ce dossier. Il indique que plusieurs éléments aujourd’hui remis sur la table avaient déjà fait, par le passé, l’objet d’enquêtes judiciaires, lesquelles avaient parfois débouché sur des décisions de justice, notamment des non-lieux.
Cette précision laisse entendre que les investigations actuelles devront distinguer les faits déjà définitivement examinés par la justice de ceux qui pourraient constituer de nouveaux éléments nécessitant une nouvelle appréciation judiciaire.
Face aux nombreuses interprétations ayant circulé depuis la fuite de la correspondance du 20 juin, le chef du parquet appelle enfin l’opinion publique à la retenue.
Il insiste sur le fait que toute conclusion tirée en dehors des faits objectivement établis ne saurait engager que son auteur. En d’autres termes, la justice entend préserver la sérénité de l’enquête et refuse que le débat médiatique ne se substitue au travail des magistrats.
Ce communiqué marque ainsi une première prise de parole officielle de la justice dans un dossier particulièrement sensible, qui implique des figures connues du monde des finances et de l’administration publique.
Il confirme l’existence d’une enquête judiciaire en cours, tout en rappelant que les mesures prises jusqu’à présent relèvent de la procédure d’instruction et ne préjugent en rien de l’issue de l’affaire. Les prochaines étapes dépendront désormais des résultats des investigations menées par le parquet près la Cour de cassation.
ITK


