Mercredi, 29 juillet 2026-Le gouvernement de la République démocratique du Congo affirme avoir enregistré une avancée significative dans l’exécution de l’accord de paix signé à Washington avec le Rwanda. Lors d’un briefing de presse animé mardi à Kinshasa, le ministre de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, et le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, ont annoncé que les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) ont officiellement adhéré au processus de démilitarisation, de démobilisation et de cantonnement.
Cette annonce constitue, selon les autorités congolaises, une étape importante dans la mise en œuvre des engagements pris par la RDC dans le cadre de l’accord de Washington. Le gouvernement estime ainsi avoir répondu à l’une des principales préoccupations sécuritaires régulièrement évoquées par Kigali.
En ouvrant le briefing, Floribert Anzuluni a salué le leadership du président Félix Tshisekedi et la diplomatie qu’il qualifie d’« agissante », estimant que les efforts entrepris depuis plusieurs mois commencent à produire des résultats concrets.
« Aujourd’hui, nous sommes heureux de vous annoncer qu’il y a eu une évolution importante sur cette question des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Les FDLR, après un long processus, ont bien signé un protocole de démilitarisation, de démobilisation et de cantonnement », a déclaré le ministre de l’Intégration régionale.
Pour ce membre du gouvernement, cette évolution démontre que la République démocratique du Congo assume pleinement les responsabilités qui lui incombent dans le cadre de l’accord de Washington.
Il a précisé que les négociations se poursuivent afin de déterminer le site où les combattants seront cantonnés avant la poursuite du processus de désarmement et de démobilisation.
Floribert Anzuluni a également réaffirmé la position constante de Kinshasa sur la question des FDLR. Selon lui, ce groupe armé ne représente plus une menace militaire susceptible de justifier une intervention du Rwanda sur le territoire congolais.
« Je tiens également à ouvrir une parenthèse sur cette question du risque ou du danger que représentent les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), parce que nous, République démocratique du Congo, avons toujours soutenu et continuons à soutenir que cette question des FDLR est très clairement une manipulation du Rwanda », a-t-il déclaré.
Le ministre a estimé que l’argument des FDLR a été utilisé pendant de nombreuses années pour masquer ce qu’il considère comme les véritables motivations de l’agression contre la RDC, notamment l’exploitation illicite des ressources naturelles et les violences commises contre les populations civiles dans l’est du pays.
Le gouvernement exclut le M23 du dialogue national
Interrogé sur une éventuelle participation du M23 au dialogue national inclusif annoncé par le président Félix Tshisekedi, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a rejeté cette possibilité.
Selon lui, le gouvernement ne voit aucune raison d’associer le mouvement rebelle à cette initiative, rappelant que des discussions avaient déjà été engagées par le passé sans que les engagements pris soient respectés.
« Nous n’avons pas besoin de les intégrer, car ils ne sont pas concernés. Nous étions en discussion avec eux, ils n’ont pas respecté leurs engagements. Ici, il est question de la sécurité nationale, pas d’accepter des agendas extérieurs », a déclaré Patrick Muyaya.
Le ministre de la Communication a néanmoins confirmé la volonté du chef de l’État de convoquer un dialogue national inclusif entre les Congolais. Il a indiqué que cette démarche demeure une priorité présidentielle et qu’une ordonnance sera prise lorsque toutes les conditions politiques et organisationnelles seront réunies.
À travers cette communication, le gouvernement entend démontrer que la RDC respecte les engagements contenus dans l’accord de Washington, tout en appelant les autres parties concernées à honorer également leurs obligations afin de consolider durablement la paix et la stabilité dans la région des Grands Lacs.
Héritier Albert YEMBA


