Jeudi, 6 août 2026-Le ministre de la Communication et Médias, porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe, a exhorté jeudi à Kinshasa les journalistes congolais à préserver la crédibilité de l’information et à respecter les principes d’éthique et de déontologie face à la montée de l’intelligence artificielle, des réseaux sociaux et de la désinformation.
Le ministre s’est exprimé lors de la célébration de la Journée nationale de la presse congolaise, organisée au Musée national de la République démocratique du Congo par la Tribune des Femmes de Médias, en partenariat avec l’Union nationale des caméramans du Congo, autour du thème de l’éthique, de la déontologie et de l’innovation numérique.
Devant des professionnels des médias, des représentants d’institutions publiques et plusieurs acteurs du secteur de la communication, Patrick Muyaya a rappelé que le rôle du journaliste va bien au-delà de la simple diffusion d’informations.
« Ni l’intelligence artificielle, ni les réseaux sociaux ne peuvent se substituer au travail du journaliste, parce qu’il ne se limite pas à collecter l’information ; il la traite, la vérifie et l’assume avant sa diffusion. Tant qu’une information n’est pas confirmée par un média crédible, elle ne peut être considérée comme véritablement fiable », a-t-il déclaré.
Le porte-parole du Gouvernement a également insisté sur la responsabilité des médias dans le contexte sécuritaire actuel, marqué par l’agression rwandaise et la guerre informationnelle.
« Nous faisons face à une forme de guerre informationnelle. C’est pourquoi nous comptons sur le professionnalisme des journalistes pour que les médias congolais demeurent des vecteurs d’informations vraies, vérifiées et porteuses du récit national positif, au service de l’unité et du développement de notre pays », a-t-il souligné.
De son côté, la présidente de l’ASBL Tribune des Femmes de Médias, Rachel Shako, a appelé à une presse plus responsable et attachée aux règles professionnelles, estimant que l’intelligence artificielle ne saurait remplacer la conscience professionnelle des journalistes.
« Aucune machine ne remplacera la conscience professionnelle, aucune intelligence artificielle ne remplacera l’éthique et aucun algorithme ne remplacera la responsabilité humaine. Le journaliste de demain doit être moderne, rapide et connecté, mais aussi rigoureux, vérificateur et indépendant », a-t-elle affirmé.
S’adressant aux responsables politiques comme aux professionnels des médias, Rachel Shako a plaidé pour une meilleure reconnaissance du journalisme professionnel.
« Les journalistes n’appartiennent ni à la majorité, ni à l’opposition ; ils appartiennent à la vérité. Une démocratie forte ne se construit ni sur les injures ni sur la propagande, mais sur une information crédible, équilibrée et responsable », a-t-elle déclaré.
La cérémonie a été ponctuée par la remise du Trophée de la Tribune des Femmes, une distinction créée en 2020 pour récompenser des femmes dont les parcours et l’engagement inspirent la société congolaise. Dix personnalités féminines issues de divers secteurs ont été honorées pour leur contribution au développement de la communauté et à la promotion de l’excellence.
À travers cette célébration, la Tribune des Femmes de Médias a réaffirmé son engagement en faveur d’une presse congolaise forte, professionnelle, éthique et tournée vers les défis du numérique, tout en encourageant une plus grande participation des femmes dans les métiers des médias et de la communication.
ITK


