Lundi, 7 septembre 2026-Située dans la concession militaire du camp communément appelé « Fort Shinka », à environ 1,5 kilomètre à l’ouest de Boma, première capitale de l’État indépendant du Congo, cette ancienne infrastructure pénitentiaire, construite en 1891 dans le seul et unique but d’assurer la défense de l’accès au fleuve Congo, avant d’être ensuite transformée en prison militaire, sera bientôt réhabilitée et modernisée de fond en comble.
Cette réhabilitation s’avère nécessaire compte tenu de son état actuel de délabrement très avancé, afin de l’adapter aux normes pénitentiaires internationales et, éventuellement, d’en faire un établissement de haute sécurité essentiellement réservé aux criminels de grand chemin et aux auteurs de détournement de deniers publics.
Cette nouvelle, accueillie avec joie par l’ensemble de la population du Kongo Central, a été annoncée tout récemment par Guillaume Ngefa Atondo Andali, ministre d’État en charge de la Justice, lors de sa dernière mission dans la province, visant notamment à évaluer les infrastructures judiciaires et pénitentiaires du Kongo Central.
Pour le patron de la Justice congolaise, cette réhabilitation et cette modernisation s’inscrivent dans le cadre de la politique de désengorgement des prisons à travers toute l’étendue du territoire national, notamment celles qui sont depuis longtemps affectées par le vieillissement de leurs infrastructures.
C’est ce qui explique la visite de terrain effectuée par le ministre Guillaume Ngefa Atondo au Kongo Central, afin d’examiner la situation juridique du site du camp militaire « Fort Shinka » et d’évaluer l’état des infrastructures des maisons carcérales de la province.
À noter que la concession du camp militaire « Fort Shinka » est désormais envahie par des constructions anarchiques. Un constat fait au début du mois d’août 2026, lors d’une descente improvisée effectuée par Me Claudelle Phemba Kiadi, maire ad intérim de la ville de Boma, qui avait condamné avec la dernière énergie les actes de spoliation du site en question.
Elle avait cependant mis en garde tous les propriétaires des bâtisses qui y poussent comme des champignons, avant de leur demander d’arrêter net leurs travaux. Car, a-t-elle martelé, tout camp militaire mérite protection et ne peut en aucun cas être spolié.
Selon Guillaume Ngefa Atondo, le projet lié à la réhabilitation et à la modernisation de l’ancienne prison militaire de Shinkakasa serait encore soumis à des études techniques, lesquelles visent notamment à améliorer les conditions de détention, conformément à la loi en la matière, avant le lancement des travaux.
Des détenus en surnombre dans les prisons de Matadi et de Mbanza-Ngungu
Le ministre Guillaume Ngefa Atondo a, par ailleurs, été estomaqué lors de sa visite de plusieurs établissements pénitentiaires du Kongo Central, notamment ceux de Matadi et de Mbanza-Ngungu, où il a constaté avec beaucoup d’amertume une forte surpopulation carcérale.
À la prison du camp Molayi de Matadi, construite pour accueillir 150 détenus, on enregistre aujourd’hui 834 pensionnaires. Il en est de même pour celle de Mbanza-Ngungu, conçue pour une capacité d’accueil identique à celle de Matadi, qui abrite actuellement 457 détenus. Par conséquent, leur désengorgement devient une nécessité impérieuse.
Face à cette situation déplorable, le numéro un de la Justice congolaise, qui tient au strict respect des droits des détenus, n’a pas hésité un seul instant à réaffirmer l’engagement de l’État congolais à assainir ces établissements dans les meilleurs délais.
Il a, à cet effet, annoncé un train de mesures envisagées par le gouvernement de la République, notamment pour désengorger les prisons, mais aussi pour mieux protéger les mineurs et les femmes, en leur assurant une alimentation régulière et décente ainsi que des soins de santé adéquats.
Il est également prévu que l’ensemble des établissements pénitentiaires du pays bénéficient de subsides réguliers afin d’assurer leur meilleur fonctionnement.
Toute la population du Kongo Central attend donc fermement la matérialisation, dans les meilleurs délais, de ce projet gouvernemental qui, somme toute, vise l’assainissement de l’ensemble des établissements carcéraux de la République démocratique du Congo.
Dieudonné Muaka DIMBI


