Mardi, 7 octobre 2026-Ils sont au total plus de trois cents, ces retraités du Département des ports maritimes de l’Office national des transports (Onatra), basés à Matadi et à Boma, aujourd’hui clochardisés, chosifiés, voire animalisés à outrance par leur employeur. Avouons-le sans ambages : ils continuent à broyer du noir, sans pour autant que leurs cris de détresse quotidiens ne fassent l’objet de préoccupations majeures de la part de la haute hiérarchie de l’entreprise.
À ce jour, beaucoup d’entre eux, apprend-on de sources concordantes, ont déjà quitté précocement ce monde. Insensibles au choc psychosocial généralement causé par les longues attentes et les promesses fallacieuses et irréalisables qui leur auraient été faites par l’employeur, certains n’ont pas résisté à cette situation. Nombre d’entre eux auraient également laissé derrière eux des sommes d’argent qui, selon leurs proches, auraient été détournées par certaines personnes au sein de l’entreprise.
Leur inquiétude est d’autant plus grande que, depuis la mise à la retraite de plusieurs d’entre eux, l’entreprise n’a jamais songé à leur accorder régulièrement certaines facilités de survie, notamment en leur faisant bénéficier de leurs décomptes finaux, pourtant déjà calculés, mais non libérés, ainsi que des rentes liées à leurs salaires d’attente, habituellement payées au compte-gouttes.
Pis encore, leur prise en charge par la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) demeure, jusqu’à ce jour, un véritable mystère. Alors que, selon certaines indiscrétions, pendant qu’ils prestaient comme agents actifs, l’employeur ne cessait de leur défalquer à la source et mensuellement des montants importants, correspondant à leurs cotisations dues à cet établissement public à caractère technique et social, dont la mission essentielle consiste notamment à recouvrer et à collecter les cotisations sociales auprès des employeurs et des travailleurs congolais.
L’homme de la rue est dès lors en droit de se poser la question de savoir où sont passées toutes ces importantes sommes d’argent prélevées sur les fruits de leur labeur. La réponse revient à qui de droit.
Cette situation, si elle venait à être confirmée, témoignerait, aux yeux de certains observateurs, d’un manque de sérieux de la part de certains responsables de cet office qui auraient tout simplement dilapidé, sans honte, lesdites sommes d’argent, dans la mesure où, au niveau de la CNSS, aucune trace de ces versements ne serait signalée jusque-là.
Dans cette perspective, d’aucuns n’hésitent pas à affirmer, sans crainte d’être contredits, que certains responsables du Département des ports maritimes de l’Onatra auraient, à la place du cœur, une pierre. Car il est vraiment inconcevable d’imaginer que de tels actes puissent être commis, alors qu’ils seraient aujourd’hui à la base de la souffrance qu’endurent les retraités de l’Onatra et les membres de leurs familles respectives, qui ne savent plus sur quel pied danser pour joindre les deux bouts, face aux lourdes charges qui pèsent sur leurs épaules.
Pour de nombreux analystes, ce n’est pas nécessairement l’argent qui manque à l’Onatra. Seulement, ses dirigeants seraient, martèlent-ils, animés de mauvaise foi. Et cela serait d’autant plus vrai que, malgré les quelques difficultés que connaît l’entreprise, ses dirigeants continuent tout de même à fournir des efforts visant notamment à relancer certaines activités de l’office, pour lesquelles, d’ailleurs, plus d’un observateur les félicitent, mais ne parviennent toujours pas à mettre un peu d’eau dans leur vin en s’occupant de leurs anciens agents.
La question reste posée.
À noter que certains de ces retraités de l’Onatra totaliseraient aujourd’hui plus de cent mois d’arriérés de salaires d’attente pour les uns, et plus de dix ans pour les autres. Allez-y comprendre !
Cependant, leur patience ayant dépassé les limites du tolérable, ces derniers, devenus d’emblée des personnes du troisième âge après avoir rendu de loyaux services à la nation congolaise, accompagnés de dizaines de veuves ainsi que de leurs épouses en furie, ont effectué, au cours de la première quinzaine du mois de septembre dernier, un sit-in devant le bâtiment administratif du Département des ports maritimes, à Matadi.
Objectif : exprimer leurs desiderata auprès de l’employeur et, éventuellement, trouver les voies et moyens susceptibles de permettre l’aboutissement de solutions idoines et durables à leurs revendications dans un délai raisonnable.
Malheureusement, près d’un mois après l’organisation de cette manifestation, celles-ci demeurent encore lettre morte. Ce qui revient à dire qu’ils continuent toujours à affronter, malgré eux, les réalités d’une vie sans revenu sûr, susceptible de leur permettre de subvenir à leurs besoins vitaux les plus immédiats, avec toutes les conséquences incalculables que cela entraîne déjà dans leurs ménages respectifs.
L’implication de l’honorable Percy Nzuzi sollicitée
Face à l’indifférence chronique de l’employeur vis-à-vis de leurs préoccupations, ces retraités sont allés encore plus loin en frappant à la porte de Percy Nzuzi, députée nationale élue de la circonscription électorale de Matadi, dont la bravoure et la détermination ne sont plus à démontrer, afin qu’elle se penche sur leur dossier.
Cette élue du peuple les avait accueillis à bras ouverts lors de ses vacances parlementaires à Matadi.
En sa qualité de fille native de cette ville, qui ne pourrait jamais voir ses parents retraités de l’Onatra souffrir et être traités de façon inhumaine, elle leur a promis son implication personnelle, en vue d’un heureux aboutissement de leur dossier dans les meilleurs délais.
Au vu de la sensibilité de ce problème, qui continue de toucher les bonnes consciences, le chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui a placé l’homme, ou mieux, le peuple, au premier plan de ses préoccupations et qui suit de très près l’évolution de la situation des retraités de l’Onatra, interpellé, ne manquera pas, pensent de nombreux habitants du Kongo Central, d’instruire le gouvernement central afin qu’il ne laisse pas perdurer ce dossier qui fâche et inquiète tout le monde à travers la République démocratique du Congo.
Dieudonné MUAKA DIMBI


