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Plaques bâchées, sens uniques, gyrophares… Ces officiels qui défient encore les instructions du Président de la République !

Jeudi, 9 juillet 2026-Malgré les mises en garde fermes du Président de la République contre les abus de privilèges sur les routes, certaines pratiques continuent d’alimenter l’indignation de la population. Emprunts de sens uniques, cortèges imposants, usage irrégulier de gyrophares, plaques d’immatriculation dissimulées : autant de comportements régulièrement dénoncés par les usagers de la route et qui interrogent sur le respect de l’autorité de l’État par ceux-là mêmes qui sont censés l’incarner.

En décidant d’interdire définitivement l’usage des gyrophares, des sirènes, des feux multicolores et des escortes non autorisées, le Chef de l’État avait pourtant envoyé un message sans équivoque. Cette décision visait à rétablir l’égalité des citoyens devant la loi, à mettre fin aux passe-droits et à restaurer la discipline dans la circulation routière.

Le Président avait même prévenu que les contrevenants, y compris parmi les responsables publics, s’exposeraient à des sanctions pouvant aller jusqu’au limogeage. Une menace qui devait marquer un tournant dans la gouvernance et rappeler que nul n’est au-dessus de la loi.

Pourtant, sur plusieurs artères de Kinshasa et d’autres grandes villes, de nombreux automobilistes affirment continuer à assister à des scènes qui semblent contredire cet engagement. Des véhicules officiels ou assimilés empruntent encore les sens uniques à contresens, imposent leur passage grâce à des escortes ou circulent avec des plaques d’immatriculation volontairement dissimulées.

Ces comportements, lorsqu’ils sont constatés, concernent parfois des membres du gouvernement, des gouverneurs de province, des responsables des institutions publiques ou encore des collaborateurs du Président de la République. Une situation qui alimente un profond sentiment d’injustice chez les citoyens, contraints de respecter un Code de la route dont certains détenteurs de l’autorité semblent s’affranchir.

Comment convaincre la population de respecter les règles lorsque ceux qui les édictent donnent l’impression de s’en exonérer ? Comment exiger discipline et civisme si les détenteurs du pouvoir continuent, lorsqu’ils sont concernés, à bénéficier d’une forme d’impunité ?

Le bâchage des plaques constitue l’une des pratiques les plus décriées. Une plaque d’immatriculation permet d’identifier un véhicule en cas d’infraction ou d’accident.

La masquer revient à rendre plus difficile l’identification de son propriétaire et nourrit toutes les suspicions. Si cette pratique persiste malgré les interdictions, elle porte atteinte à la crédibilité de l’action publique.

Au-delà de la simple circulation routière, c’est la question de l’exemplarité des dirigeants qui est posée. Un État de droit ne se mesure pas uniquement à la qualité de ses textes, mais surtout à leur application, y compris par les plus hauts responsables.

L’autorité du Chef de l’État se renforce lorsque ses décisions sont effectivement appliquées par son gouvernement, ses collaborateurs et l’ensemble des institutions. À l’inverse, chaque infraction commise par un responsable public sans conséquence apparente fragilise le message présidentiel et nourrit l’idée que les règles ne s’imposent qu’aux citoyens ordinaires.

Aujourd’hui, les Congolais attendent davantage que des annonces. Ils attendent des actes. Si des responsables continuent effectivement à ignorer les instructions présidentielles, les sanctions promises devraient être appliquées avec la même rigueur, quel que soit le rang ou la fonction de l’intéressé.

Car l’exemplarité commence au sommet de l’État, et la loi ne peut conserver toute son autorité que si elle s’applique à tous, sans privilège ni exception.

ITK

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