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Kongo Central : les exigences des communautés locales, l’un de sérieux obstacles pour l’aboutissement du Projet Grand Inga !

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Lundi, 24 mars 2025-Près de 43 ans écoulés depuis la matérialisation des projets Inga 1 et 2 faisant aujourd’hui la grande fierté de la République Démocratique du Congo, celui de Grand Inga ou Inga 3 en préparation pour lequel le Chef de l’Etat Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo ne ménage aucun effort pour l’entame de ses travaux, peine à ce jour à se concrétiser puisque butté à une multitude d’obstacles.

A dire vrai, ce projet est encore loin de faire l’unanimité. Notamment parmi les communautés locales d’Inga, une agglomération située dans le territoire de Seke-Banza, à 60 kms à l’Ouest de Matadi, capitale de la province du Kongo Central.

« Nous avons été longtemps floués par l’État congolais lors de deux précédents projets d’Inga 1 et 2. Cette fois ci, avec le projet Grand Inga, nous voulons en tout cas voir clair », s’indigne un octogénaire de cette agglomération qui a requis l’anonymat.

Longtemps opposées à ce vaste projet pourtant très avantageux capable de booster l’économie du pays et contribuer, en outre, à son épanouissement dans le domaine de l’énergie électrique, les communautés locales se disent être prêtes d’ouvrir leurs cœurs en vue du bon déroulement des travaux en gestation de ce projet, mais à la seule condition d’obtenir d’abord gain de cause par rapport à leurs revendications.

« Le gouvernement de la République doit, avant toute chose, nous consulter officiellement et discuter avec nous sur les modalités de la signature d’un protocole d’accord négocié comme il l’a fait en son temps lors de deux précédents projets sous Maréchal Mobutu. Au cas contraire, il ne verra que du feu », préviennent-elles sans réserve.

Et Michel Mayemba Ngoma, l’un des notables très réputé delà contrée d’ajouter : « Si nous nous laissons encore faire, nous nous verrons dépouiller de toutes nos vastes concessions des terres nous léguées par nos aïeux comme ce fut le cas autrefois avec nos frères et sœurs du clan Mankuku-Futila qui, suite à ce qui précède, continuent à broyer du noir », explique-t-il.

Les clans qui sont aujourd’hui concernés par ce méga projet et qui, s’ils ne veillent pas au grain, risqueraient de perdre eux-aussi leurs étendues agricoles, sont entre autres ceux de Ngimbi, Mankuku-Manzi, Mbenza, Mankuku-Vunda et Numbu.

Dans la crainte de subir les mêmes sorts que celui de Mankuku-Futila, tous les clans précités, ne cessaient d’exprimer au jour le jour le vœu de rencontrer le Président de la République en personne et cela, en sa qualité de garant de la nation congolaise ayant toujours mis les intérêts du peuple à l’avant plan de toutes ses préoccupations.

C’est ce qui a été fait en 2021 ; soit quelques mois seulement après la tenue d’une conférence de presse initiée par l’Ong dénommée « Action pour les droits, l’environnement et la vie », ADEV en sigle, une structure créée, pour besoin de la cause, par Jean Marie Malonda, un fils du terroir ; laquelle conférence avait regroupé à Matadi toutes les notabilités des clans susmentionnés.

Pour l’initiateur de ces assises de Matadi, il était donc question, a-t-il indiqué, « d’interpeller l’État congolais pour que soit trouvée une solution au problème de dépossession des terres que pourrait engendrer le projet Inga 3, au risque de compromettre la survie de près de 37.000 habitants, et plus précisément de ceux des clans qui, depuis des lustres, ont toujours tiré l’essentiel de leurs revenus de l’exploitation des terres de leurs ancêtres ».

Ayant cependant constaté avec beaucoup d’amertume que rien de concret ne se réalisait jusqu’à ce jour en terme des avancées significatives par rapport à tout ce qu’ils se sont dits en 2021 avec le Chef de l’État qui, lui, en ce qui le concerne, avait tout de même instruit le gouvernement quant aux solutions idoines et durables à trouver sur l’ensemble des préoccupations des autochtones de cette agglomération, une réunion dite de pré-évaluation du projet Inga 3 a été convoquée et mis autour d’une même table, au gouvernorat de province, les communautés locales d’Inga représentées par la société civile du territoire de Seke-Banza, la Banque Mondiale (BM), la Banque Africaine de Développement (BAD) et l’Agence pour le Développement et la Promotion du Projet Grand Inga (ADEPI).

Presidée par le Gouverneur Grâce Nkuanga Masuangi Bilolo, cette réunion a porté essentiellement sur les analyses approfondies suivies des discussions autour des défis majeurs rencontrés lors de la construction des barrages d’Inga 1 et 2.

Pour éviter les erreurs du passé et assurer une mise en œuvre efficace du projet Grand Inga, la societé civile a émis le souhait de voir le gouvernement congolais remédier d’abord aux exigences des communautés locales d’Inga avant le démarrage des travaux proprement dit du projet Inga 3.

Elle a ensuite manifesté la volonté maintes fois exprimée par les communautés locales ; ces dernières qui tiennent à tout prix à être associées à la surveillance de la transparence et de l’équité de l’exécution dudit projet ; mais aussi et surtout à la prise en compte de la main-d’œuvre locale.

Ces récentes exigences, selon Gustave Lutonadio, un habitant d’Inga village, « viennent seulement s’ajouter à celles longtemps exprimées par nous et lesquelles consistent à la signature d’un protocole d’accord négocié devant nous régir à l’État congolais en vue de nous faire directement bénéficier de certains avantages sociaux et économiques liés à ce projet », avertit-il.

Pour l’un des cadres de la SNEL/ Région Ouest qui, à son tour, s’est aussi exprimé sous l’anonymat, « le futur barrage d’Inga 3, révèle-t-il, sera 21 fois plus puissant que les deux installations précédentes et pourrait totaliser au finish de tous les travaux, une capacité maximum de 44.000 Mégawatts susceptible de couvrir 40% des besoins énergétiques de l’Afrique et faire de la République Démocratique du Congo un leader en énergie propre », a-t-il enfin conclu.

C’est ce qui justifie le soutien de la Banque Africaine de Développement vis-à-vis de ce projet. Notamment sur l’importance d’une consultation régulière avec les communautés bénéficiaires qui ne doivent pas être négligées bien que des défis en matière de son financement subsisteraient encore.

Au cas contraire, prédit l’un des chefs coutumiers de cette contrée du territoire de Seke-Banza, « l’aboutissement du Projet Grand Inga se trouverait en butte à une multitude d’obstacles que seules les communautés locales seraient à même de contourner par des voies mystérieuses ». Un argumentaire à n prendre ou à laisser.

Dieudonné MUAKA DIMBI

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