
Samedi, 19 juillet 2025 – Plus d’un an après le coup d’État déjoué de mai 2024, la présidence congolaise continue de resserrer son emprise sur l’appareil sécuritaire. Jeudi 17 juillet, le lieutenant-général Franck Bwamenda Ntumba, chef de la Maison militaire du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a été brutalement arrêté à Kinshasa. Cette interpellation confirme l’intensification des purges au sein de la haute hiérarchie militaire.
Considéré comme l’un des plus proches collaborateurs militaires du président, le général Ntumba occupait un poste stratégique, au cœur du dispositif de sécurité présidentielle. Son arrestation – soudaine, silencieuse et spectaculaire – marque un tournant : désormais, même les fidèles de la première heure ne semblent plus à l’abri.
Aucune charge officielle n’a encore été rendue publique, mais cette opération s’inscrit clairement dans la continuité des mesures de réorganisation sécuritaire engagées depuis l’échec du putsch de 2024 et même des soupçons d’un complot visant l’assassinat physique du président de la République comme l’avait annoncé le Secrétariat général de l’UDPS. À l’époque, plusieurs officiers avaient été arrêtés ou suspendus, accusés d’avoir failli à leur devoir de loyauté envers les institutions.
Une purge méthodique au sein de l’appareil militaire
L’arrestation du général Ntumba intervient dans un contexte où la présidence entend purger les derniers foyers de résistance ou d’ambiguïté au sein de l’armée. Selon des sources sécuritaires citées par Jeune Afrique, la Maison militaire comme d’autres structures sensibles sont passées au peigne fin. Des enquêtes internes, menées dans la discrétion, visent à identifier tout élément potentiellement déstabilisateur.
Le mot d’ordre est clair : assurer une chaîne de commandement totalement alignée sur le président Tshisekedi. Cette stratégie, si elle conforte la position du chef de l’État, suscite aussi des inquiétudes sur un climat de méfiance généralisée dans les rangs de l’armée.
Le spectre du coup d’État toujours présent
Le coup d’État manqué de 2024 reste un traumatisme pour le pouvoir. Déjouée in extremis, cette tentative avait révélé des fractures profondes au sein des forces armées. Depuis lors, la présidence n’a cessé de resserrer les boulons : remaniements, révocations, et restructurations se sont succédé à un rythme soutenu.
L’arrestation du général Ntumba apparaît comme la suite logique d’une stratégie qui vise à verrouiller toutes les issues par lesquelles une nouvelle menace pourrait surgir. Mais elle montre aussi que la menace est toujours perçue comme réelle – et peut-être même imminente. Cette arrestation intervient après celle de l’ancien Chef d’État Major Général des FARDC, le Général Christian Tshiwewe.
Un pouvoir qui consolide, une armée qui s’interroge…
Pour le président Tshisekedi, cette reprise en main musclée vise à garantir la stabilité des institutions. Mais pour de nombreux observateurs, elle reflète aussi une inquiétude persistante quant à la solidité de son assise au sein des structures militaires. L’équilibre reste fragile, et les arrestations en cascade risquent de créer une culture du soupçon au sommet de l’armée.
L’avenir du général Ntumba, les prochaines cibles de cette purge silencieuse, et le véritable état de la loyauté militaire à l’égard du chef de l’État seront des marqueurs cruciaux de la stabilité politique en République démocratique du Congo.
ITK



