
Mardi, 17 février 2026-Le débat sur la paie tardive des agents et fonctionnaires de l’État refait surface. Cette fois, c’est l’honorable Godé Mpoy qui monte au créneau et pointe du doigt la Banque centrale du Congo (BCC) comme cause principale des tensions de trésorerie que traverse le gouvernement.
Dans une analyse à la fois technique et politique, le professeur Godé Mpoy soutient que l’origine du problème se trouve dans la gestion du taux de change du franc congolais.
Selon lui, la masse salariale de l’État a été initialement calculée dans un contexte où le taux de change s’établissait à 2 850 francs congolais pour un dollar américain.
Or, depuis ce qu’il qualifie « d’appréciation artificielle » du franc congolais par la Banque centrale, l’enveloppe salariale serait restée inchangée.
Pour préserver la paix sociale et éviter toute tension dans la fonction publique, le gouvernement aurait maintenu la masse salariale au même niveau nominal.
Toutefois, cette stabilité apparente cacherait, d’après lui, un déséquilibre budgétaire croissant.
Un manque à gagner lié à l’appréciation du franc
Le raisonnement avancé par Godé Mpoy est clair : l’appréciation du franc congolais réduit mécaniquement les recettes exprimées en monnaie nationale, notamment celles liées aux opérations en devises.
Il estime que les « recettes perdues » du fait de cette appréciation constituent un manque à gagner significatif sur l’enveloppe salariale. C’est précisément ce déficit qui empêcherait le gouvernement de payer tous les agents de l’État dans les délais habituels.
Le Député souligne également que l’assiette de la TVA et de l’IRPP du 12e et 13e mois 2025, collectés en janvier 2026, repose sur les activités économiques de décembre 2025.
Selon lui, ces recettes ont été « plombées » par le taux de change appliqué par la Banque centrale, réduisant davantage les marges de manœuvre du Trésor public.
Il affirme par ailleurs qu’en janvier, aucune régie financière n’aurait atteint ses assignations, confirmant ainsi les tensions budgétaires.
Une reconnaissance implicite des difficultés ?
Godé Mpoy interprète aussi la communication gouvernementale comme un aveu indirect.
Le fait d’annoncer que la paie serait clôturée « dans trois jours » constituerait, à ses yeux, la preuve d’un problème de trésorerie réel, même si l’exécutif chercherait à éviter toute panique au sein de la population.
« Le fiscalisme n’est pas la fiscalité »
En guise de conclusion, le professeur rappelle une formule qu’il affectionne :
« Le fiscalisme n’est pas la fiscalité. »
Par cette distinction, il entend opposer une politique de pression fiscale excessive (fiscalisme) à une gestion rationnelle et structurée de l’impôt (fiscalité), suggérant que le débat actuel dépasse la simple question du taux de change pour toucher à la gouvernance économique dans son ensemble.
ITK



