
Kinshasa, 13 mai 2025 — Le Sénat de la République démocratique du Congo se réunit ce jeudi 15 mai pour examiner un réquisitoire explosif : la levée des immunités parlementaires de Joseph Kabila, ancien président de la République et actuellement sénateur à vie.
La demande émane de la justice militaire, qui accuse M. Kabila de trahison, de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de participation à un mouvement insurrectionnel.
Ces accusations sont liées à des soupçons de collaboration avec l’Alliance Fleuve Congo (AFC), la branche politique du groupe armé M23, actif dans l’est du pays.
Transmise officiellement au Sénat le 30 avril dernier, la requête a provoqué une onde de choc dans la classe politique congolaise. Le ministre de la Justice, Constant Mutamba, affirme détenir des preuves substantielles étayant les charges retenues contre l’ancien chef de l’État.
Indignation du FCC et tensions politiques
Le Front Commun pour le Congo (FCC), la plateforme politique fondée par Joseph Kabila, a vivement réagi. Dans un communiqué, le FCC a dénoncé une « violation grave de la Constitution et des lois de la République », rappelant que l’article 104 accorde à Kabila le statut de sénateur à vie. Toute poursuite contre lui doit, selon le FCC, être validée par une majorité des deux tiers des membres des deux chambres réunies en Congrès.
Dans un climat politique déjà tendu, cette procédure marque une nouvelle escalade. Joseph Kabila, retiré de la scène publique pendant plusieurs années après son départ du pouvoir en 2019, a récemment multiplié les sorties critiques contre le régime en place, appelant à une nouvelle approche pour résoudre la crise dans l’est du pays.
Soutien populaire à la levée des immunités
Dans le Nord-Kivu, plusieurs plateformes citoyennes ont réclamé la levée des immunités de l’ancien président, estimant que sa supposée proximité avec les groupes rebelles représente une menace pour la souveraineté nationale. Des manifestations ont été organisées pour appuyer la démarche judiciaire.
Un tournant décisif
La décision attendue du Sénat, dominé par la majorité présidentielle, pourrait marquer un tournant historique dans la justice congolaise. Jamais auparavant un ancien chef de l’État n’a été aussi directement mis en cause. Quelle que soit l’issue, ce dossier risque de redessiner le paysage politique et d’influencer les efforts de stabilisation dans les provinces orientales.




