Okapinews.net
PolitiqueUne

Réaction de l’opposition au point de presse du Chef de l’État : anatomie d’un désarroi politique (Carte blanche de Steve Mbikayi) ! 

publicite-candidat

Samedi, 9 mai 2026-Derrière les réactions de l’Ensemble pour la République et de Lamuka, c’est l’image d’une opposition déboussolée et en perte de repères qui s’est imposée. Du côté de l’Ensemble, son porte-parole, comme dans ses habitudes,s’est illustré dans une déclamation poétique que dans une véritable démonstration intellectuelle cohérente.

Quant à Lamuka, son leader s’est présenté devant la presse muni d’une pile de papiers duplicateurs rappelant une autre époque; lisant un texte auquel lui-même ne semblait pas totalement adhérer.

Mais c’est surtout sur le fond que les faiblesses argumentatives de l’opposition sont apparues avec le plus d’évidence.

Le porte-parole de l’Ensemble a soutenu que, puisque la Constitution de 2006 avait été adoptée par référendum à 85 %, l’idée d’un nouveau référendum constituerait une tentative de contournement de la souveraineté populaire. Selon lui, on ne peut invoquer le peuple pour remettre en cause ce que le peuple a déjà décidé.

Faut-il lui rappeler le principe du parallélisme des formes ?

Un acte juridique adopté selon une procédure déterminée peut être modifié, révisé ou remplacé suivant les mêmes formes ayant présidé à son adoption. Dès lors, redonner la parole au peuple ne constitue nullement un contournement de sa souveraineté ; c’en est, au contraire, l’expression la plus pure et la plus respectueuse.

Reconnaître au peuple le pouvoir de décider implique également de lui reconnaître le droit de réexaminer ses choix historiques, de confirmer une orientation ou d’en adopter une nouvelle, selon l’évolution des réalités nationales.

À la majorité, nous reconnaissons pleinement à l’opposition, comme à tout citoyen congolais, le droit de s’opposer aux réformes constitutionnelles. Mais il faut également reconnaître à la majorité au pouvoir le droit d’initier des réformes qu’elle estime nécessaires au renforcement de la gouvernance et de l’efficacité institutionnelle.

Dans une démocratie, lorsqu’il existe une divergence majeure entre deux visions politiques, le mécanisme le plus légitime demeure le recours au souverain primaire. Qu’y a-t-il de plus démocratique que de demander au peuple de trancher lui-même ?

Pourquoi donc certains veulent-ils empêcher le peuple congolais de se prononcer ?

La logique démocratique voudrait pourtant que chaque camp s’emploie à convaincre les citoyens du bien-fondé de son projet plutôt qu’à chercher à empêcher leur expression.

En attendant, il appartient désormais à chaque force politique de démontrer concrètement sa capacité à mobiliser le peuple en faveur de son option.

Lamuka, de son côté, est apparu totalement à côté du véritable débat. Sa sortie médiatique a essentiellement consisté à réagir à une proposition de loi référendaire introduite à l’Assemblée nationale. Il a promis de bloquer le projet comme en 2015.

Pure nostalgie !

En 2015, l’opposition disposait d’une véritable capacité de mobilisation populaire et maîtrisait la rue. Aujourd’hui, aucun leader de l’opposition n’est en mesure d’appeler efficacement le peuple à une mobilisation nationale d’envergure.

La réalité politique actuelle est simple : une large partie de la population demeure alignée derrière le Président de la République.

Pendant que la majorité propose de laisser le peuple arbitrer démocratiquement le débat, Lamuka entretient paradoxalement la thèse d’un prétendu « coup d’État constitutionnel ».

Au lieu de multiplier les déclarations médiatiques, l’opposition gagnerait davantage à reconstruire ses structures de base.

Car au regard du rapport de forces actuel, porté par une convergence manifeste entre le Président de la République et une partie significative de l’opinion nationale, le projet de réformes constitutionnelles ainsi que l’hypothèse d’un troisième mandat bénéficient d’une dynamique politique difficile à enrayer.

 

Vrai ou faux ?

publicite-candidat

Liens Pertinents