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Vérité des classements, mirage des pourcentages : plaidoyer pour la renaissance de l’éducation en RDC (Tribune de Steve Mbikayi) ! 

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Jeudi, 8 mai 2025-Il est des interrogations qui, sous l’apparence de la candeur fortuite, soulèvent des remous insoupçonnés certains esprits. Ainsi, à l’entrelacs de deux intelligences artificielles ChatGPT et Perplexity fut soumise la question suivante : En tenant compte des programmes, de la réputation académique et surtout du succès de leurs anciens élèves dans les universités étrangères, quelles sont les dix meilleures écoles de la République Démocratique du Congo ?

À l’issue de cet exercice algorithmiquement impartial, l’École internationale bilingue Le Cartésien fut portée au pinacle, s’arrogeant la première place. Ce verdict, loin de faire l’unanimité, froissa les susceptibilités de quelques promoteurs et responsables d’établissements scolaires du pays dont les répliques, prestes et véhémentes, n’ont pas tardé à s’exprimer.

D’aucuns argüèrent non sans raison, que les institutions citées ne sauraient prétendre à l’exclusivité de l’excellence ; C’est vrai qu’il s’agissait d’un classement restreint au décile supérieur, ce qui ne disqualifie nullement les autres écoles de mérite.
Certains ont renouvelé l’interrogation à l’ IA en modulant la formulation, obtenant, fort logiquement, des classements dissemblables.

Or , l’éthique intellectuelle nous impose ce truisme méthodologique : comparer l’identique par l’identique. Si, par exemple, la requête porte sur les meilleures écoles secondaires de la RDC , les critères retenus privilégieront immanquablement les performances à l’examen d’État.

Or, des établissements tels que Le Cartésien, TASOK et quelques autres soumettent leurs candidats à des épreuves d’obtention d’un diplôme international, échappant de facto à cette métrique nationale. De même, pour le primaire, le TENAFEP servirait de repère, bien que des écoles internationales, dont la nôtre, n’y présentent pas leurs élèves.

Il serait naïf d’ignorer , car tout le monde le murmure en aparté , que certaines écoles recourent à des pratiques pédagogiquement contestables afin d’optimiser artificiellement leurs résultats aux examens officiels.

D’où cette incongruité récurrente : nombre de titulaires du diplôme d’État, flanqués de scores vertigineux de 80 à 90 %, vacillent et s’effondrent dès la première année dans les universités étrangères les plus rigoureuses. C’est précisément pour pallier ces illusions statistiques que la question initiale intégrait le critère déterminant du parcours postsecondaire à l’étranger.

Toutefois, qu’il nous soit permis de saluer, avec lucidité, l’architecture intellectuelle de notre examen d’État, conçu à l’origine avec rigueur. Mais, comme le rappelle l’antique maxime : la fraude corrompt tout.

Voilà pourquoi nous plaidons avec gravité, pour l’instauration d’un mécanisme robuste de lutte contre la tricherie, notamment lors des sessions de passation de cet examen.

À cet égard, l’initiative du Ministère de l’Éducation d’introduire l’intelligence artificielle dans la correction des copies constitue un jalon prometteur.

Mais l’efficience de cette mesure demeure hypothéquée si l’on n’assainit pas, en amont, l’environnement même de la passation. L’IA se bornera à évaluer les réponses enregistrées sans égard pour la véracité du processus d’acquisition.

Une stratégie avisée consisterait à soumettre prioritairement les copies de dissertation à une correction automatisée : l’on mesurerait alors, avec une précision clinique, l’ampleur de l’imposture. Il n’est point rare que des feuilles vierges obtiennent, par des voies détournées, des notes flatteuses.

C’est donc en gardant l’œil fixé sur l’intérêt supérieur de la nation que nous devons collectivement œuvrer à réhabiliter la crédibilité de notre système éducatif, aujourd’hui si décrié hors de nos frontières.

Dans les années 1970 et 1980, un élève qui culminait à 60 % au diplôme d’État était auréolé d’intelligence et de discipline intellectuelle, dignement admis à l’université. Ceux qui plafonnaient en deçà de ce seuil s’orientaient vers les instituts supérieurs, sans complexe.

Hélas ! Aujourd’hui, l’inflation des pourcentages , 70, 80, 90 % , n’a d’égale que l’érosion de la compétence effective : incapacité d’aligner une phrase sans faute, inaptitude à résoudre une équation élémentaire. Nous le disons non par posture de censeur, mais par souci éclairé d’amendement.

Dans cette dynamique de quête rigoureuse, nous avons, encore interrogé ChatGPT et et perplexity sur la comparaison des écoles primaires de la RDC. La question fut formulée ainsi : Au regard des compétences acquises et de la capacité à s’intégrer dans un système éducatif étranger, quelles sont les meilleures écoles primaires de la RDC ? Là encore, Le Cartésien s’est vu octroyer la primauté. Qu’une fausse pudeur ne nous dissuade pas d’en éprouver une légitime fierté.

Permettez que nous rappelions à titre d’émulation et non d’autosatisfaction, qu’il y a quelques années, un concours de mathématiques organisé à l’école turque de Kinshasa par le ministère de l’enseignement primaire, secondaire et technique avait couronné Le Cartésien champion toutes écoles confondues.

Deux concours nationaux de dictée, diffusés en direct à la télévision avec anonymisation des copies et participation des meilleurs candidats des 26 provinces, furent organisés par le même ministère. À deux reprises, Le Cartésien s’adjugea la palme d’or ( Voir les archives ).

Le rappeler n’est point s’abandonner aux délices d’une autosatisfaction vaine ; c’est au contraire, stimuler la saine émulation et inciter chacun à hisser plus haut le flambeau de l’excellence congolaise.

Voici les classements opérés par ChatGpt et Perplexity concernant les écoles primaires.

 

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