
Mercredi, 17 septembre 2025-À l’occasion de la Journée internationale de la solidarité du Sud global, le programme « Conversations de la solidarité globale », initié par le Réseau de solidarité globale, a organisé un salon culturel autour du thème : « Les coopératives dans le Sud global ».
Cet événement s’inscrivait dans le cadre de la proclamation par les Nations Unies de l’Année internationale des coopératives 2025, sous le slogan : « Les coopératives : la voix unie du Sud global pour un avenir durable ».
Invité principal, le Dr Mohamed Abdel Hakim Ibrahim, président du Réseau de l’économie sociale et coopérative au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, a développé une réflexion centrale : « Pourquoi avons-nous besoin des coopératives et sous quelles formes devons-nous les envisager ? ».
S’appuyant sur l’idée d’« humanisation de la science économique » théorisée par Samir Amin, il a rappelé que les coopératives ne poursuivent pas uniquement le rendement, mais visent à répondre aux besoins humains, sociaux et environnementaux.
Pour lui, ce modèle repose sur la solidarité, la gouvernance démocratique et la responsabilité mutuelle, et peut s’incarner dans les coopératives agricoles, de travailleurs, d’habitation ou encore dans les entreprises communautaires.
Les coopératives, moteur de développement durable
Le Dr Mohamed Sayyaf, professeur et chercheur à l’Institut de recherche en économie agricole, a mis en avant l’impact concret des coopératives, notamment en Égypte où les coopératives agricoles touchent près de 12,5 millions de personnes.
Il a rappelé l’importance des expériences inspirées par le Mouvement des non-alignés, citant le cas de la Tanzanie dans les années 1970, et a insisté sur la nécessité d’un cadre législatif solide pour assurer la durabilité des projets.
Pour sa part, la Dr Sally Saad, consultante internationale et enseignante en communication, a plaidé pour la création de « coopératives médiatiques » afin d’offrir une voix unifiée aux pays du Sud. Selon elle, ce modèle permettrait de réduire le fossé médiatique, de produire des contenus crédibles et de renforcer la visibilité des réalités locales.
Elle a notamment présenté l’expérience du Réseau des journalistes africains pour le climat (ACJN) comme une réussite régionale en matière de coopération médiatique.
Un réseau engagé depuis 2012
Le fondateur du Réseau de solidarité globale, Hassan Ghazaly, a rappelé que son organisation développe depuis 2012 plusieurs initiatives phares : le Modèle de simulation de l’Union africaine, le projet « Bozoor », l’École de la solidarité du Sud global, ou encore la campagne nationale sur l’Accord de libre-échange africain.
Le salon a suscité une large interaction du public, marqué par des échanges sur les expériences coopératives, y compris venues de Chine. La rencontre s’est clôturée par une cérémonie d’hommage au Dr Mohamed Abdel Hakim Ibrahim, suivie d’une photo de famille commémorative.
En mettant les coopératives au cœur du débat, « Conversations de la solidarité globale » a rappelé leur rôle stratégique comme alternative économique et outil de solidarité entre les peuples du Sud global.
ITK




