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Kinshasa : Hausse des prix des denrées alimentaires sur les marchés !

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Mercredi, 12 avril 2023-Les denrées alimentaires coûtent chères depuis un certain temps sur les marchés de Kinshasa. Cette situation met en mal les bourses de ménages pauvres qui ne peuvent pas tenir face à cette hausse de prix. Certains vendeurs des denrées alimentaires pensent que c’est le mouvement du taux de change de dollars qui est à la base de cette hausse de prix sur le marché. Comme conséquence, les prix des denrées alimentaires changent au jour le jour, et cela au rythme du taux de change de dollars. Sur les marchés de Kinshasa, tout devient compliqué non seulement pour les petits commerçants, mais surtout pour les familles qui cherchent à s’approvisionner. Une situation que l’un des experts économistes essaie de bien expliquer pour permettre aux autorités compétentes d’y répondre efficacement.

Les marchés de Kinshasa explosent actuellement avec des prix des denrées alimentaires et autres articles. C’est le constat fait au marché central (Zando) et de Lemba. Les prix des produits de première nécessité sont à la hausse et mettent en difficulté le quotidien des Congolais. Interrogés à ce sujet, vendeurs tout comme acheteurs, éprouvent les mêmes difficultés. Le taux de dollars n’étant pas stable, les prix sur le marché bougent à tout moment. Ce qui ne permet pas aux vendeurs de bien planifier pour faire des bénéfices sur leurs ventes.

«Manger est devenu très difficile. Les prix sur les marchés dépendent du taux de dollars actuellement. Nous ne supportons plus. L’aubergine de 50 Fc coûte aujourd’hui 250 Fc ; la tomate de 50 Fc est aujourd’hui à 150 Fc. C’est grâce à ce commerce que nous nourrissons et élevons nos enfants. En tout cas, nous souffrons », a dit Madeleine Nkosi, vendeuse.

Faire le marché actuellement devient un véritable casse-tête pour les mamans. 10.000 Franc Congolais ne représentent absolument rien pour faire le marché qui permettra de nourrir une famille de plusieurs membres à Kinshasa. C’est ce qu’explique Antoinette Sambu, une vendeuse du marché de Lemba.

«Mais, dans notre pays le Congo, à bien voir, la vie devient très compliquée, les denrées alimentaires coûtent très chères. Le taux de dollars ne baisse pas. Avec 10.000 Fc c’est pratiquement impossible pour faire le marché. Tu ne vas pas manger, 10.000 Fc, c’est devenu de l’argent pour le déjeuner des enfants le matin. Donc, nous vivons dans une conjoncture de souffrance », a-t-elle fait savoir.

Sur le marché congolais, tout est calculé en fonction de dollars américains dont le taux de change subit de fluctuation depuis un certain temps, du fait de la dépréciation de la valeur du franc congolais.

La flambée des prix sur les marchés de Kinshasa ne permet surtout pas à la population de nouer les deux bouts du mois.

« S’il y a hausse des prix sur les marchés, ce n’est pas pour rien, c’est à cause du taux de dollars. Même quand tu te rends sur le marché pour faire des achats, tout est calculé en fonction des dollars. Et nous, en achetant en fonction du taux du jour, nous serons aussi dans l’obligation de majorer les prix pour tirer aussi des bénéfices », explique un autre vendeur.

Selon l’avis d’Al Kitenge, Economiste, cette situation chaotique est due au fait que 90% des biens consommés sur le plan local sont importés. Pour booster l’économie congolaise, il faudrait penser à une production locale.

« La flambée de prix c’est d’abord une réalité à géométrie variable. Pour les biens de première nécessité, entre la Gombe et Makala les prix sont différents; entre Kinshasa et Lubumbashi les prix sont différents ; entre les milieux urbains et ruraux les prix sont encore différents. Ce que nous achetons en milieu urbain n’est pas ce que les gens achètent en milieu rural. Ce qui se passe dans la ville de Kinshasa, c’est que les gens sont paresseux. C’est une ville où les gens ne travaillent pas. 90% de la population travaille dans l’informel. Et du coup ils n’ont pas des revenus réguliers. 90% des biens que les gens consomment ici sont des biens importés. Mais, allez regarder de quoi il s’agit, on se rend compte qu’il s’agit des biens que nous pouvons produire localement. Et c’est ça le problème de base. Ce qu’il faut faire c’est ce que le président Félix Tshisekedi a fait lors de la crise Covid-19 lorsque les frontières ont été fermées. Acheter localement, stimulait la production locale. Mettre de l’intelligence sur la chaîne agropastorale, faire en sorte que nous devenions une économie intégrée et non une économie extravertie », a-t-il dit.

Le gouvernement congolais est vivement attendu sur cette piste pour booster l’économie congolaise et faire accroître la production locale. La population espère que les autorités mettront en œuvre des nouvelles stratégies afin d’améliorer la situation sociale des congolais, surtout pour les produits de première nécessité.

Avec ACP

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