
Mardi, 22 juillet 2025-Dans la province du Kongo Central, une pratique scandaleuse passe presque inaperçue mais coûte chaque jour des millions de francs au Trésor public : des véhicules privés appartenant à certains agents et fonctionnaires de l’État circulent avec des plaques d’immatriculation officielles marquées STA, censées être réservées uniquement aux biens roulants de l’administration publique.
Pourtant, ces voitures ont été acquises à titre personnel, souvent avec des fonds privés, et devraient logiquement porter des plaques ordinaires délivrées par la Direction Générale des Impôts, en contrepartie du paiement des taxes y afférentes.
Au lieu de cela, ces véhicules empruntent impunément les routes du Kongo Central en arborant frauduleusement des plaques de service public, échappant ainsi aux redevances de péage et autres obligations fiscales.
La presse, en tant que quatrième pouvoir, se doit de dénoncer cette fraude organisée. Car ce phénomène, loin d’être isolé, est devenu monnaie courante dans la province.
Et les regards se tournent vers le Service Technique de l’Administration (STA), censé assurer la gestion technique du parc automobile de l’État, mais dont l’attitude passive alimente aujourd’hui les soupçons de complaisance, voire de complicité.
Des sources pointent du doigt une forme de « trafic de plaques » dans ce service, tolérée, voire encouragée, en violation flagrante de la réglementation en vigueur. Des véhicules privés franchissent ainsi les postes de péage sans s’acquitter du moindre frais, amputant les caisses publiques de recettes importantes, pourtant essentielles au développement de la province.
Le ministre provincial des Infrastructures, Travaux Publics et Reconstruction, de qui dépend le STA, est lui aussi mis en cause. Son silence prolongé face à cette fraude généralisée est perçu comme un signe d’inaction, voire de complicité passive. Pourquoi ne pas avoir saisi la Police de Circulation Routière pour interpeller les fraudeurs et placer leurs véhicules en fourrière ? Pourquoi ce laxisme ?
Aujourd’hui, la balle est dans le camp du parlement provincial. Aux députés élus du peuple de se saisir de cette question brûlante lors de la prochaine session, et d’exiger des comptes aux services et responsables concernés.
Car laisser prospérer une telle dérive, c’est affaiblir davantage l’État et saboter les efforts de redressement économique dans une province qui a besoin de chaque franc pour construire des routes, des écoles et des hôpitaux.
Le temps de l’indignation molle est passé. Place à l’action.
Dieudonné MUAKA DIMBI



