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Kongo Central : la chasse anarchique vide progressivement la forêt du Mayumbe de sa faune !

Dimanche, 5 juillet 2026-La forêt du Mayumbe, principal massif forestier du Kongo Central, est confrontée à une disparition inquiétante de sa faune sauvage. Malgré les multiples appels des autorités en charge de l’Environnement et de la Conservation de la nature, de nombreux paysans chasseurs continuent de bafouer la législation congolaise qui réglemente les périodes de chasse, pourtant instaurée pour permettre la reproduction et la préservation des espèces animales.

Un simple parcours à travers les territoires de Seke-Banza, Lukula et Tshela suffit à mesurer l’ampleur du phénomène. Autrefois, les voyageurs empruntant la Route nationale n°1, notamment sur les axes Matadi-Boma, Boma-Muanda et Boma-Tshela, trouvaient presque tous les deux kilomètres des points de vente proposant une grande variété de gibiers.

Aujourd’hui, ces étals se font de plus en plus rares, conséquence directe d’une chasse intensive et incontrôlée qui décime progressivement les populations animales du Mayumbe.

Selon plusieurs observateurs, cette situation est aggravée par la complicité présumée de certains agents des services de l’État censés faire respecter la réglementation.

La demande croissante en viande de brousse, notamment en provenance des grandes agglomérations du Kongo Central et de Kinshasa, pousse certains chasseurs à privilégier le profit au détriment de la conservation de la biodiversité.

Parmi les espèces les plus touchées figurent les « shimbriks », les antilopes de forêt et de savane, les gazelles ainsi que plusieurs autres animaux protégés, devenus aujourd’hui extrêmement difficiles à observer dans le massif forestier. Si cette tendance se poursuit, plusieurs espèces pourraient disparaître localement dans les prochaines années.

À cette surexploitation s’ajoutent des pratiques frauduleuses. Certains vendeurs n’hésitent pas à substituer la viande de gibier par celle d’animaux domestiques, notamment le porc, la chèvre ou le mouton, qu’ils font boucaner avant de les commercialiser comme du gibier.

D’autres recourraient également à des méthodes de chasse peu orthodoxes, dénoncées par les populations locales et qui altèrent la qualité de la viande.

Face à cette menace, de nombreuses voix appellent les autorités compétentes à renforcer les campagnes de sensibilisation auprès des chasseurs, à appliquer rigoureusement la loi sur les périodes de chasse et à déployer des équipes de surveillance dans l’ensemble du Mayumbe. Les contrevenants devraient également être sanctionnés avec fermeté afin de mettre un terme à cette exploitation anarchique.

Pour plusieurs défenseurs de l’environnement, seule une application stricte de la réglementation permettra de préserver la richesse faunique du Mayumbe. À défaut, cette forêt emblématique du Kongo Central risque de perdre définitivement une grande partie de sa biodiversité, avec des conséquences écologiques et économiques considérables pour les générations futures.

Dieudonné MUAKA DIMBI 

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