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Kongo Central : Des prisons devenues de plus en plus de véritables mouroirs !

Samedi, 22 août 2026-Construites, pour la plupart, à l’époque coloniale, les prisons fonctionnant dans les grandes villes et agglomérations du Kongo Central ne répondent presque plus aux normes carcérales internationales en vigueur. Cela est d’autant plus vrai qu’il suffirait tout simplement de faire la ronde à travers quelques centres pénitentiaires du Kongo Central pour s’en rendre compte. Notamment à Matadi, Boma, Muanda, Tshela, Songololo, Mbanza-Ngungu, Kisantu et Kasangulu.

Des murs dans un état de délabrement très avancé, des installations sanitaires puantes dégageant des odeurs suffocantes, des dispensaires de fortune dépourvus de médicaments, des raccordements d’eau vieillissants : voilà l’image que présentent la plupart de ces centres pénitentiaires.

Par ailleurs, conçus chacun par les Belges pour accueillir un nombre bien déterminé et précis de détenus, les bâtiments abritant ces prisons, qui n’ont jamais subi la moindre réhabilitation ni modification significative, ne cessent pourtant d’accueillir de nouveaux détenus, entassés les uns sur les autres comme dans des boîtes de sardines, dépassant ainsi largement leurs capacités réelles d’accueil. Et le tout, curieusement, se fait sous la barbe des détenteurs du pouvoir provincial, qui ne disent mot.

Ce qui paraît encore beaucoup plus révoltant, c’est que plusieurs de ces détenus, vivant dans des conditions qui laissent à désirer, notamment ceux qui sont totalement dépourvus de familles et de soutien dans leurs milieux carcéraux, n’ont jamais été condamnés. Alors que certains d’entre eux, arrêtés pour des infractions on ne peut plus bénignes, totalisent déjà plusieurs années de détention sans pour autant avoir été jugés. Il en est de même des prévenus et des condamnés, qui ne sont pas non plus épargnés par cette vie misérable.

Les situations qui prévalent dans les différentes prisons du Kongo Central, où les conditions d’hébergement sont caractérisées notamment par la promiscuité et le manque criant de soins sanitaires appropriés, et où les conditions d’alimentation frisent le scandale, devraient à la fois préoccuper et interpeller les autorités politico-administratives provinciales ayant la gestion quotidienne des centres pénitentiaires dans leurs attributions. Elles devraient également interpeller les différentes structures provinciales des droits humains, qui devraient se pencher au plus vite sur cette question qui vaut son pesant d’or.

Surtout lorsqu’on sait que, sous d’autres cieux, les prisons sont considérées comme des centres sociaux de rééducation destinés à préparer les détenus à une nouvelle vie au sein de la société. Ce qui, malheureusement, n’est pas du tout le cas en République démocratique du Congo où, à quelques exceptions près, elles sont plutôt de véritables mouroirs.

Il convient enfin de signaler que l’épineux problème concernant les prisons du Kongo Central dans leur ensemble devrait également intéresser au plus haut point l’Assemblée provinciale. Cette première institution de la province devrait, à notre humble avis, se saisir de cette question préoccupante afin de l’inscrire sur la liste des sujets à débattre lors des prochaines plénières de la session parlementaire d’octobre de l’année en cours, compte tenu de son importance.

C’est aussi le souhait maintes fois exprimé par toute la population du Kongo Central, qui veut désormais voir les prisonniers ne plus être considérés comme des rebuts de la société, mais plutôt comme des êtres humains respectés et respectueux, jouissant de la dignité inhérente à toute personne humaine.

Dieudonné Muaka DIMBI

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