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RDC : déficit de trésorerie en janvier 2026, Flory Mapamboli appelle à des mesures urgentes et des réformes structurelles !

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Jeudi, 12 février 2026-Les finances publiques de la République démocratique du Congo ont débuté l’année 2026 sous tension. Selon les chiffres de la Banque centrale du Congo (BCC), les recettes mobilisées au mois de janvier se sont élevées à 1.632 milliards de CDF, soit 86 % des prévisions mensuelles.

Dans le même temps, les dépenses publiques ont atteint 2.670 milliards de CDF, creusant un déficit de trésorerie de 1.038 milliards de CDF.

Une situation d’autant plus préoccupante qu’une partie significative des salaires dus aux agents publics n’a pas été versée au cours du mois.

D’après le député national Flory Mapamboli, l’état liquidatif et les paies complémentaires représentent à eux seuls près de 1.300 milliards de CDF, soit environ 80 % des recettes enregistrées en janvier.

Ce niveau extrêmement élevé de charges salariales réduit considérablement les marges de manœuvre budgétaires de l’État, limitant sa capacité à financer les autres dépenses essentielles, notamment sécuritaires et sociales.

À cela pourraient s’ajouter, selon l’élu national, le paiement d’arriérés hérités de 2025, notamment des ordres de paiement irrécouvrés (OPI) non réglés ainsi que des dépenses sécuritaires exceptionnelles, dans un contexte national marqué par des défis persistants à l’Est du pays.

Une trésorerie structurellement sous pression

Le député souligne également un facteur conjoncturel important : entre décembre et mars, aucune échéance d’IBP (Impôt sur les bénéfices et profits) n’est attendue, alors que les dépenses dites contraignantes, salaires, fonctionnement institutionnel, sécurité demeurent constantes, voire en hausse.

Cette configuration saisonnière exerce une pression supplémentaire sur la trésorerie de l’État, nécessitant, selon lui, un meilleur lissage du Plan de trésorerie (PTR) à travers des instruments adaptés de gestion de liquidité.

Or, les titres publics, censés contribuer au financement du déficit, ne rempliraient plus efficacement ce rôle.

Flory Mapamboli estime que le mécanisme actuel d’émission de bons et obligations du Trésor s’apparente de plus en plus à une « pyramide de Ponzi », dans la mesure où les nouvelles émissions serviraient principalement à rembourser les anciennes dettes, en raison de maturités trop courtes.

Des mesures urgentes préconisées

Face à cette situation, le député national appelle à une série de mesures immédiates :
Suspendre toute nouvelle augmentation de l’état liquidatif ; Réduire au strict minimum les dépenses de fonctionnement non contraignantes ; Surseoir à toute initiative visant la revalorisation des barèmes salariaux ; Soumettre à l’imposition l’ensemble des revenus des agents publics, y compris les primes permanentes et non permanentes échappant encore au fisc ;
Accélérer et canaliser les réformes en cours en matière de mobilisation des recettes publiques.

Pour l’élu, ces décisions, bien que difficiles, sont indispensables pour restaurer l’équilibre budgétaire et éviter une aggravation de la crise de trésorerie.
Des réformes structurelles comme seule issue durable

Au-delà des ajustements conjoncturels, Flory Mapamboli plaide pour des réformes structurelles profondes.

À long terme, estime-t-il, la RDC doit impérativement formaliser son économie, la diversifier et promouvoir la transformation locale des matières premières afin de créer davantage de valeur ajoutée sur le territoire national.

Le modèle économique rentier, basé essentiellement sur l’exportation brute des minerais, aurait atteint ses limites. Sans industrialisation, sans élargissement de l’assiette fiscale et sans modernisation des régies financières, toute amélioration des recettes publiques resterait fragile et dépendante des fluctuations internationales.

Le député insiste enfin sur le fait que ces analyses ne visent pas à affaiblir les institutions ou à alimenter des polémiques politiques.

« Nous émettons nos idées en tant que Congolais, dans un esprit patriotique, pour le bien de tous », affirme-t-il, appelant à un débat économique lucide, responsable et orienté vers l’intérêt général.

Dans un contexte marqué par des défis sécuritaires, sociaux et budgétaires, la question de la soutenabilité des finances publiques s’impose plus que jamais comme un enjeu central pour la stabilité et l’avenir économique de la République démocratique du Congo.

 

ITK

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