Mercredi, 27 septembre 2026-Le ministre des Postes et Télécommunications, José Panda Kabangu, a présenté le bilan de sa première année à la tête du ministère. Sécurisation juridique des opérateurs, extension des infrastructures numériques, réforme du secteur postal, amélioration de la qualité des services et mutualisation des infrastructures figurent parmi les principaux chantiers engagés.
Au cours de cette première année, le ministère des Postes et Télécommunications a entrepris plusieurs actions visant à renforcer le cadre réglementaire et à créer des conditions plus favorables au développement du secteur. Parmi les principales avancées évoquées par José Panda Kabangu figure la régularisation et la conversion des titres et licences des principaux opérateurs télécoms présents en République démocratique du Congo, notamment Vodacom, Airtel, Africell et Orange.
Cette démarche vise à renforcer la sécurité juridique des opérateurs et à leur permettre de disposer d’un cadre plus stable pour attirer les investissements et mobiliser les financements nécessaires à l’expansion des réseaux de télécommunications.
Un important déficit d’infrastructures à combler
Le développement des infrastructures demeure l’un des principaux défis du secteur. La RDC dispose actuellement d’environ 10 000 à 12 000 kilomètres de fibre optique, alors que les besoins nationaux sont estimés à plus de 50 000 kilomètres à l’horizon 2030.
La situation est similaire pour les tours télécoms. Le pays en compte près de 8 000, alors que les besoins sont évalués à environ 30 000 tours. Pour réduire cet écart, le programme de transformation numérique soutenu par la Banque mondiale devrait contribuer à l’extension du réseau avec environ 11 500 kilomètres supplémentaires de fibre optique.
Pour le ministère, l’extension de ces infrastructures est essentielle pour améliorer la couverture du territoire, renforcer la qualité des services et favoriser l’accès au numérique dans les zones encore insuffisamment desservies.
Le Fonds de développement des services universels pour réduire la fracture numérique
Dans le même cadre, le Fonds de développement des services universels a commencé à collecter des ressources depuis janvier. Alimenté notamment par une contribution de 3 % du chiffre d’affaires des opérateurs, ce mécanisme est destiné à financer le déploiement des infrastructures dans les zones rurales et périurbaines où les investissements privés restent limités.
L’objectif est notamment de permettre aux populations vivant dans ces zones de bénéficier d’un meilleur accès aux services de télécommunications et de réduire progressivement les disparités en matière de connectivité.
Le secteur postal constitue également un axe important de la réforme engagée par le ministère. José Panda Kabangu a fait état de la tenue des États généraux de la Poste, ainsi que de la préparation d’une nouvelle loi postale appelée à remplacer le cadre légal actuellement en vigueur, datant de 2002.
La future législation devra tenir compte des transformations liées au numérique et au développement du commerce électronique. Elle devrait notamment permettre de moderniser les services postaux et d’élargir leur rôle dans la fourniture de certains services publics, notamment à travers le retrait de documents administratifs.
Le ministre a également évoqué les démarches entreprises pour favoriser le retour en RDC du siège de l’Union africaine des télécommunications, ainsi que la régularisation des cotisations de la RDC auprès de l’Union postale universelle.
Qualité des services : le défi des coupures de fibre
La qualité des services télécoms demeure une préoccupation importante pour les utilisateurs. Selon le ministre, les difficultés enregistrées dans plusieurs régions s’expliquent notamment par le déficit d’infrastructures, mais aussi par les coupures de fibre optique provoquées lors de travaux routiers ou d’autres opérations de génie civil.
Le cas de Moanda a notamment été cité. Cette situation met en évidence la nécessité d’une meilleure coordination entre les différents ministères et acteurs intervenant dans la construction et l’entretien des infrastructures.
Le ministère travaille par ailleurs avec l’ARPTC et les opérateurs afin d’améliorer le traitement des réclamations des consommateurs. Le numéro court 185 doit notamment permettre aux abonnés de signaler plus facilement les problèmes rencontrés dans l’utilisation des services télécoms.
Le gouvernement entend également encourager la mutualisation des infrastructures entre opérateurs afin d’accélérer la couverture du territoire et d’optimiser les investissements.
José Panda Kabangu a notamment cité le rapprochement entre Vodacom et Orange autour du projet présenté sous l’appellation « Sengo », avec un objectif annoncé de 10 000 tours. Il a également mentionné la coopération entre Airtel et Starlink.
Cette approche vise notamment à favoriser une utilisation plus efficace des infrastructures et à accélérer le déploiement des réseaux dans les zones encore faiblement couvertes.
Une collaboration renforcée entre télécommunications, numérique et climat
Le ministre a enfin souligné l’importance d’une approche transversale entre les différents secteurs qui participent à la transformation économique et numérique du pays.
Pour José Panda Kabangu, « les Télécommunications fournissent les infrastructures et les “autoroutes” nécessaires au développement du numérique ».
Augustin Kibassa Maliba, chargé de l’Économie numérique, a pour sa part expliqué que son secteur utilise ces infrastructures pour développer les services et favoriser l’interconnexion des plateformes publiques, notamment dans la perspective de la mise en place d’un cloud souverain.
De son côté, Arlette Bahati Tito a souligné le caractère transversal de la Nouvelle Économie du Climat. Celle-ci doit, selon elle, travailler avec les Télécommunications, le Numérique, les Finances, l’Économie, l’Énergie et les autres secteurs afin de développer notamment des plateformes environnementales et des mécanismes de financement climatique.
À travers ces différents chantiers, le ministère des Postes et Télécommunications entend ainsi contribuer à la modernisation du secteur, au renforcement des infrastructures et à l’amélioration progressive de l’accès des populations congolaises à des services télécoms et postaux adaptés aux évolutions technologiques.
ITK


