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Quand les donneurs de leçons vacillent : l’Occident face à ses propres dérives démocratiques (90ème tribune de Steve Mbikayi) ! 

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Samedi, 5 avril 2025-Quand Marine Le Pen et le Rassemblement National s’insurgent contre une décision rendue par une magistrate de la République française, et que le camp Trump, en Amérique, conteste les résultats des urnes au point de profaner le Capitole, l’Occident continue pourtant de se présenter à l’Afrique en grand prêtre de la démocratie et en gardien sacré de l’État de droit.

Cette posture arrogante ne résiste pourtant pas à l’analyse. Elle illustre au contraire ce que Michel Miaille dénonçait avec acuité : l’illusion de la transparence juridique, l’idéalisme abstrait, et la coupure profonde entre le droit et les réalités sociales. Des concepts creux qui finissent par dévoyer le sens même de la justice.

Roderick Macdonald allait plus loin encore, identifiant ces illusions comme des obstacles majeurs à toute prétention scientifique du droit. Car une justice coupée du réel, sourde aux déséquilibres sociaux, devient une justice inopérante et donc, contestée, y compris dans les vieux bastions démocratiques.

Ce que nous observons aujourd’hui en France et aux États-Unis est donc bien plus qu’un simple dérapage politique : c’est le symptôme d’un malaise profond au cœur même de ces systèmes qui prétendent régenter l’ordre mondial.

Or, pendant que leurs extrêmes droites se radicalisent et que leurs institutions vacillent, ces nations persistent à faire la morale à l’Afrique, avec des injonctions permanentes sur la bonne gouvernance, le respect des décisions judiciaires et l’indépendance des institutions.

Faut-il rappeler que le chaos du Capitole n’est pas né à Kinshasa ? Que l’insolence de certaines figures politiques françaises à l’égard des magistrats , les menaces et injures contre la magistrate Benedicte de Perthuis ne viennent pas de Bamako, ni d’Abidjan ?

L’Occident ferait bien de balayer devant ses propres palais de justice et de discipliner ses leaders politiques avant de se donner le droit de juger ceux des autres.

L’Afrique, certes, doit encore renforcer ses institutions. Elle doit affiner ses pratiques démocratiques, consolider l’indépendance de ses juges, et faire grandir sa culture politique. Mais elle n’a plus à le faire dans la posture de l’élève docile recevant les leçons d’un maître désormais discrédité par ses propres contradictions.

Le temps des injonctions unilatérales est révolu. L’heure est venue pour notre continent de s’affirmer, de penser par lui-même, de juger selon ses réalités, et de construire une gouvernance enracinée dans sa propre histoire et non calquée sur les modèles à géométrie variable d’un Occident en pleine crise de cohérence.

Halte à l’impérialisme occidental sous toutes ses formes.

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