
Vendredi, 20 juin 2025-La nature, patrimoine vital de l’humanité, mérite d’être rigoureusement protégée, notamment en raison de son rôle crucial dans l’équilibre environnemental. Pourtant, dans la province du Kongo Central, cette évidence semble de moins en moins respectée. Des textes légaux encore en vigueur sont ouvertement bafoués, aussi bien par les populations locales que par certains responsables censés les faire appliquer.
Parmi ces textes figure la loi n° 282-002 du 23 mai 1982, ainsi que l’arrêté départemental n° 029/DECNT/CCB/80 du 30 avril 1980, qui régissent les périodes de fermeture et d’ouverture de la chasse en République Démocratique du Congo. En vertu de cette législation, la chasse aux gibiers à poils et à plumes est strictement interdite du 1er juin au 28 février de chaque année.
Mais sur le terrain, la réalité est toute autre. Dans plusieurs villages et agglomérations du Kongo Central — notamment ceux de l’ex-district du Bas-Fleuve — la chasse se poursuit en toute quiétude durant cette période interdite. La loi semble inexistante pour de nombreux habitants du Mayumbe qui, au vu de la pauvreté grandissante et de la baisse de fertilité des sols, se tournent désormais vers la chasse comme source principale de revenus.
Parmi les territoires les plus concernés, Seke-Banza est pointé du doigt comme le foyer principal de cette transgression. En témoignent les nombreux points de vente de gibier visibles le long de la Route Nationale n°1 (RN1), entre Kinzau-Vuete et Manterne. Ce qui choque davantage, c’est que même les autorités provinciales, qui empruntent fréquemment cet axe et dont les responsabilités incluent la protection de l’environnement, ne semblent nullement préoccupées. Pire, certaines n’hésitent pas à acheter elles-mêmes ce gibier pourtant abattu en violation flagrante de la loi.
Cette passivité des responsables publics, perçue comme une complicité silencieuse, suscite l’indignation d’observateurs avertis. Ces derniers appellent à une réaction immédiate, notamment par l’organisation d’un atelier de sensibilisation réunissant les administrateurs de territoires et les responsables provinciaux des services de l’environnement, de la conservation de la nature, des eaux et forêts. L’objectif serait de leur rappeler les fondements et l’importance de ces textes réglementaires, qui semblent aujourd’hui tombés dans l’oubli.
Car au-delà du simple non-respect des lois, c’est l’avenir écologique du Kongo Central qui est en jeu. Une exploitation anarchique de la faune, sans encadrement légal, pourrait entraîner des déséquilibres graves aux conséquences imprévisibles.
Protéger la nature, c’est aussi préserver la vie. Il est temps que chacun prenne ses responsabilités.
Dieudonné MUAKA DIMBI



