
Lundi, 11 août 2025 – Présenté comme un nouveau départ, le Gouvernement Suminwa 2 apparaît pour beaucoup comme la confirmation d’une pratique ancienne, désormais assumée : le tribalisme et le népotisme au sommet de l’État.
Les exemples sont flagrants. Arlette Bahati, fille du deuxième vice-président du Sénat, Modeste Bahati Lukwebo, a été nommée ministre déléguée auprès du ministre d’État en charge de l’Environnement. De son côté, Madame Shiku, sœur de Tony Kanku – figure influente de la présidence de la République – hérite du stratégique ministère du Portefeuille.
Le phénomène ne se limite pas aux ministres. Dans les cabinets ministériels, la tendance est identique : épouses, frères, sœurs, enfants et proches de figures de l’Union sacrée occupent des postes clés, souvent sans concours ni transparence. Ce verrouillage familial et tribal transforme les institutions en extensions de réseaux privés, au détriment de la compétence et de la diversité.
Dès lors, une question s’impose : comment le Chef de l’État a-t-il pu signer une ordonnance présidentielle entérinant des propositions qui consacrent ces anti-valeurs ? En validant de telles nominations, officialise-t-il le népotisme et le tribalisme comme mode de gouvernance en RDC ?
Dans un pays en proie à une grave crise sécuritaire, économique et sociale, cette dérive alimente un profond sentiment d’injustice et creuse encore le fossé entre la classe dirigeante et la population. Pour beaucoup, le Gouvernement Suminwa 2 n’est pas seulement une continuité politique : c’est la normalisation d’un système où les liens de sang et d’ethnie passent avant l’intérêt national.
ITK



