
Mardi, 30 décembre 2025-Le gouvernement de la République démocratique du Congo a levé toute équivoque sur l’Accord de Washington pour la paix et la prospérité, à l’occasion d’un briefing presse spécial co-animé par le Vice-Premier ministre, ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, et le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya Katembwe, ce mardi 30 décembre 2025.
Face aux interrogations de l’opinion et à la désinformation de certains acteurs politiques et religieux, les autorités congolaises ont tenu à préciser que cet accord s’inscrit dans un cadre stratégique de long terme, respectueux de la souveraineté nationale et des lois de la République.
Selon le Vice-Premier ministre Daniel Mukoko Samba, l’accord est conclu pour une durée longue, avec une révision prévue tous les trois ans.
Il prévoit également un mécanisme clair de sortie : toute partie souhaitant se retirer devra notifier l’autre avec un préavis de cinq ans.
« Tout va se faire dans le strict respect des lois de notre pays », a-t-il insisté, soulignant que le document n’est pas uniquement centré sur les ressources minières de la RDC.
Un comité conjoint au cœur de l’accord
L’organe central de mise en œuvre est un comité conjoint de pilotage, composé de 10 membres, soit 5 représentants congolais et 5 représentants américains.
Chaque partie désigne un coprésident, et le comité se réunit deux fois par an, conformément à un cahier de charges bien défini.
Les États-Unis ont déjà transmis la liste de leurs représentants, tandis que la RDC a communiqué les siens le 22 décembre dernier.
L’accord identifie trois types de projets :
– Les projets stratégiques (article 5)
La RDC désignera elle-même les projets qu’elle considère comme stratégiques, notamment ceux destinés à : transformer structurellement l’économie nationale ; soutenir l’industrialisation ;
favoriser la création d’emplois ; renforcer la paix et la stabilité de l’État.
Il revient au gouvernement congolais de fournir la liste de ces projets au comité de pilotage.
– Les projets miniers sur concessions de l’État
Ces projets concerneront des concessions minières appartenant à l’État et actuellement libres, et seront menés dans le strict respect du Code minier congolais et des autres lois nationales.
L’objectif central pour la RDC demeure l’industrialisation.
– Les projets stratégiques qualifiés
Il s’agit de projets miniers pouvant être développés sur des concessions où l’État n’est pas majoritaire, tout en respectant le cadre légal existant.
Aucune cession de mines, aucune dérogation fiscale spéciale
Le Vice-Premier ministre a été catégorique : aucune liste de mines n’a été cédée, et aucun projet ne sera attribué en dehors du cadre légal.
Les investisseurs interviendront au fur et à mesure de l’avancement des travaux du comité de pilotage.
Par ailleurs, l’accord ne prévoit aucun régime fiscal dérogatoire spécifique.
Pour garantir un climat d’affaires prévisible et moins tracassier aux investisseurs américains et à leurs alliés, la RDC a retenu la loi de janvier 2014 comme cadre central, laquelle sera amendée afin de servir de référence unique pour les garanties offertes.
En conclusion, les autorités congolaises ont rappelé que l’Accord de Washington s’inscrit dans la vision à long terme de développement de la RDC, axée sur la transformation industrielle, la paix durable et la création d’emplois, tout en préservant la souveraineté nationale.
Ce briefing visait ainsi à éclairer l’opinion publique et à dissiper toute désinformation autour de ce partenariat stratégique entre la RDC et les États-Unis.
ITK



