
Samedi, 17 janvier 2026-Invité par le Parlement des étudiants, le député national et président national du parti Travailliste, Steve Mbikayi, a animé une conférence-débat de haut niveau autour du thème : « Dialogue inter-congolais : enjeux, défis et perspectives ». Face à une assistance majoritairement composée de jeunes universitaires, l’homme politique a livré une analyse sans détour sur la notion de dialogue en République démocratique du Congo, son sens réel, ses dérives et son opportunité dans le contexte actuel.
D’entrée de jeu, Steve Mbikayi a tenu à féliciter les jeunes pour avoir pris l’initiative de créer un espace d’échange consacré aux grandes questions de la République. Pour lui, cet exercice intellectuel est essentiel dans une démocratie qui se veut participative et inclusive.
Revenant à l’étymologie du mot dialogue, Mbikayi a expliqué qu’il s’agit fondamentalement de l’échange de paroles entre deux ou plusieurs personnes.
Selon lui, l’absence de dialogue conduit inévitablement aux émeutes, troubles sociaux et conflits ouverts.
Il a rappelé que le dialogue est une réalité quotidienne, mais que dans le champ politique, il prend une dimension particulière : « Le dialogue politique, c’est une concertation entre le pouvoir, l’opposition et la société civile pour trouver des réponses à des questions majeures de la nation. »
En démocratie, a-t-il insisté, ce dialogue doit normalement se dérouler au sein des institutions légalement établies.
La spécificité congolaise du dialogue : une dérive historique
Steve Mbikayi a souligné la connotation négative que le dialogue a prise en RDC au fil des années.
« En République démocratique du Congo, le dialogue est souvent perçu comme une rencontre à huis clos, en dehors du peuple, qui débouche sur un partage du pouvoir. »
Pour lui, dans l’imaginaire collectif congolais, dialogue rime désormais avec partage des postes, au détriment des véritables réformes structurelles.
Affirmant avoir pris part à tous les dialogues organisés en RDC, Mbikayi en a rappelé les motivations profondes, souvent liées aux crises politiques ou électorales.
Il a cependant livré une déclaration qui a marqué l’auditoire : « C’est très sûr, il n’y aura pas d’élections en 2028. Les élections auront lieu en 2030. »
Une affirmation qu’il justifie par le fait que les institutions actuelles sont légitimes, issues des urnes, avec des mandats toujours en cours : « un Président de la République dont le mandat court encore,
des députés et sénateurs également en plein mandat ».
Pour Mbikayi, la vraie interrogation n’est pas politique mais sécuritaire : « Est-ce que le dialogue tant recherché aujourd’hui va résoudre les problèmes de sécurité ? »
Sa réponse est claire : non. Il rejette l’idée d’une rébellion interne, affirmant que la RDC fait face à une agression extérieure, principalement du Rwanda.
Il a d’ailleurs salué le Président Félix Tshisekedi pour avoir, selon lui, acculé Paul Kagame, contraint d’avouer son implication.
« Ce dialogue ne résoudra pas l’agression, mais il peut au moins renforcer la cohésion nationale en interne. »
La piste internationale : Conseil de sécurité et MONUSCO
Dans ce contexte, Steve Mbikayi a plaidé pour une stratégie diplomatique offensive, profitant de la présence de la RDC au Conseil de sécurité des Nations unies afin de : renforcer la brigade d’intervention de la MONUSCO, traquer les rebelles rwandais,
neutraliser définitivement le M23.
Selon lui, le dialogue politique ne se justifiera réellement qu’à partir de 2028, moment où il faudra gérer une transition politique menant aux élections de 2030.
Il a également dénoncé une culture politique problématique : « Chez nous, les gens ne sont pas prêts à faire l’opposition. Tout le monde veut être au pouvoir. »
Espoir économique et réformes institutionnelles
Steve Mbikayi a exprimé son optimisme quant à l’accord signé entre la RDC et les États-Unis, qu’il considère comme une opportunité majeure pour l’emploi des jeunes.
Cependant, il a identifié le véritable nœud du problème national : « Le vrai problème, c’est le partage des revenus nationaux. »
Dans la foulée, il a rappelé certaines réformes audacieuses qu’il propose, notamment la suppression des institutions jugées budgétivores, telles que : le Sénat,
les assemblées provinciales…
En définitive, cette rencontre entre Steve Mbikayi et le Parlement des étudiants a permis un dialogue franc, pédagogique et critique sur une notion souvent galvaudée en RDC.
L’exercice a offert aux jeunes une grille de lecture réaliste sur les enjeux politiques, sécuritaires et institutionnels du pays, tout en les invitant à jouer un rôle actif et conscient dans l’avenir de la République.
ITK











