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Mbikayi alerte : « La paix ne doit pas devenir un marché, au détriment de l’ONU » !

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Dimanche, 25 janvier 2026-Face à l’émergence de mécanismes parallèles de règlement des conflits, portés par une logique de deal et de rapport de force, l’ordre multilatéral incarné par l’ONU se trouve à la croisée des chemins. Dans cette tribune, Steve Mbikayi met en garde contre une dérive qui pourrait transformer la paix en marchandise et fragiliser durablement la sécurité mondiale. Alors que l’inefficacité chronique du Conseil de sécurité alimente les critiques, l’idée d’un « Conseil de paix » alternatif, soutenue par Donald Trump, gagne du terrain dans certains cercles diplomatiques.

Présenté comme une réponse pragmatique à la paralysie onusienne, ce projet séduit par sa promesse de rapidité et de décision unilatérale.

Mais derrière cette apparente efficacité se cache une transformation profonde de la philosophie des relations internationales : la paix ne serait plus un bien public mondial, mais l’objet d’une transaction politique et financière.

Le modèle proposé rompt avec la logique multilatérale. Il privilégie une gouvernance personnalisée, structurée autour d’un exécutif fort, concentrant les pouvoirs de décision, d’admission et d’exclusion.

Cette centralisation extrême réduit la diplomatie à une négociation de type commercial, où chaque acteur cherche à maximiser ses gains.

Dans ce contexte, l’adhésion de certains États relèverait moins d’un engagement pour la paix que d’un calcul stratégique. La position de la Russie, conditionnant son éventuelle participation à la restitution de ses avoirs gelés, illustre cette dérive : la paix devient une monnaie d’échange.

Si un tel mécanisme venait à s’imposer, il ouvrirait la voie à une prolifération de structures concurrentes.

Moscou pourrait répliquer par la création de son propre Conseil pour la Sécurité et la Paix Internationale, fidèle à sa stratégie d’organisations-miroirs.

D’autres puissances régionales pourraient suivre, accentuant la fragmentation de la gouvernance mondiale.

Un tel scénario signerait l’affaiblissement de l’universalité de l’ONU et multiplierait les centres de décision, au risque de créer un chaos de légitimités rivales.

Réformer plutôt que contourner

Pour Steve Mbikayi, la solution ne réside pas dans l’abandon de l’ONU, mais dans sa refondation.

L’organisation doit intégrer des mécanismes de décision plus efficaces, sans renoncer à ses principes fondateurs : légalité internationale, inclusivité et permanence institutionnelle.

La personnalisation extrême du pouvoir, souligne-t-il, pose également un problème de durabilité.

Un mécanisme dépendant d’un homme et de son mandat ne peut garantir une paix stable et durable au-delà de son fondateur.

Au fond, le débat dépasse les considérations institutionnelles. Il s’agit d’un choix de société internationale : accepter une paix rapide mais fragile, négociée dans des cercles fermés, ou persister dans une paix lente mais fondée sur le droit, le consensus et la souveraineté des nations.

« L’ONU ne mérite pas d’être contournée, conclut Mbikayi. Elle mérite d’être réformée avec courage. Car une paix-marché est peut-être rapide, mais elle est rarement juste, et jamais durable. »

ITK

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