Okapinews.net
AlerteSociétéUne

Boma : des emprises publiques et espaces verts de plus en plus spoliés !

publicite-candidat

Vendredi, 20 février 2026-À Boma, première capitale de l’État Indépendant du Congo, le respect des normes urbanistiques semble s’effriter d’année en année. Un simple tour dans plusieurs quartiers de la ville suffit pour constater l’ampleur d’un phénomène qui inquiète de plus en plus d’habitants : la spoliation progressive des emprises publiques et des espaces verts réservés à l’État congolais.

Certaines routes autrefois accessibles aux véhicules et aux piétons sont aujourd’hui partiellement obstruées, voire intégrées dans des parcelles privées.

Des espaces initialement destinés à accueillir des infrastructures d’intérêt communautaire – écoles, centres de santé, bâtiments administratifs ou espaces de détente – auraient été cédés à des particuliers dans des conditions jugées opaques.

Pour plusieurs observateurs, cette situation n’aurait pas prospéré sans le silence, considéré par certains comme complice, d’anciens gestionnaires de la ville.

Un doigt accusateur est également pointé vers des responsables et agents des services de l’urbanisme et du cadastre, censés protéger le domaine public.

Ils sont soupçonnés d’avoir procédé à des ventes irrégulières pour des intérêts privés, au mépris des textes légaux en vigueur.

Le cas emblématique de la « Maison Amie »

Le dossier le plus illustratif demeure celui du site autrefois appelé « Maison Amie » (ex Le Parisien), situé en plein centre-ville, dans la commune de Nzadi.

Une servitude publique menant vers un centre de santé privé réputé de Boma aurait été vendue à un tiers, suscitant indignation et incompréhension au sein de la population.

Face aux plaintes répétées des riverains, la maire ad intérim, Me Claudelle Phemba Kiadi, a effectué une descente sur les lieux en début de semaine.

Elle était accompagnée notamment du chef de division unique à la mairie et du bourgmestre de la commune de Nzadi, ainsi que de plusieurs responsables des services techniques concernés.

Sur place, l’autorité urbaine a échangé avec les propriétaires des maisons commerciales et d’habitation environnantes, lesquels ont livré, sans détour, leurs versions des faits.

Juriste de formation, la maire ad intérim a opté pour une approche méthodique. De retour à son bureau, elle a convoqué une réunion de service avec les responsables des services de l’urbanisme et du cadastre. Chacun a été appelé à s’expliquer sur les accusations portées contre lui.

Selon des sources proches du dossier, après confrontation des éléments recueillis et examen approfondi des documents disponibles, une décision d’autorité devrait être prise incessamment à l’encontre des agents et fonctionnaires impliqués, dans le strict respect des dispositions légales et réglementaires relatives à la gestion du domaine public.

Une responsabilité diluée dans le temps ?

Une indiscrétion laisse entendre que les véritables auteurs de la vente litigieuse ne résideraient plus à Boma, certains étant décédés, d’autres ayant quitté la ville.

Cette réalité pose une question cruciale : comment établir les responsabilités et réparer le préjudice causé à la collectivité lorsque les principaux mis en cause ne sont plus disponibles ?

Au-delà du cas de la « Maison Amie », c’est toute la problématique de la gouvernance foncière et de la protection des biens publics à Boma qui est désormais sur la sellette.

La population attend des mesures concrètes pour récupérer les emprises spoliées, restaurer l’autorité de l’État et prévenir de nouvelles dérives.

La balle est désormais dans le camp de l’autorité urbaine et des instances compétentes.

 

Dieudonné MUAKA DIMBI 

publicite-candidat

Liens Pertinents