
Vendredi, 13 mars 2026-Au Kongo Central, province située au sud-ouest de la République démocratique du Congo, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer l’état d’abandon dans lequel se trouvent plusieurs routes de desserte agricole. Ces infrastructures, pourtant essentielles à l’évacuation des produits des champs vers les centres de consommation, semblent reléguées au second plan par les autorités provinciales.
Selon plusieurs observateurs, les efforts actuels sont principalement concentrés sur la modernisation de la voirie urbaine de Matadi.
Cette ville portuaire, où débarquent régulièrement des visiteurs étrangers et des touristes via les ports internationaux de l’Office National des Transports (ONATRA) et de Matadi Gateway Terminal (MGT), constitue souvent la vitrine de la province aux yeux du monde extérieur.
Si les initiatives de modernisation de la voirie urbaine de Matadi sont saluées, notamment sous l’impulsion du gouverneur Grâce Nkuanga Masuangi Bilolo, certains estiment qu’il serait également indispensable d’accorder une attention particulière à la réhabilitation des routes rurales.
Des travaux sont actuellement visibles sur certains axes de la ville, notamment le tronçon reliant la Tortue à Nkala-Nkala ou encore les abords du rond-point de la Radio‑Télévision Nationale Congolaise (RTNC).
Cependant, dans plusieurs territoires de la province, les routes de desserte agricole sont dans un état de dégradation avancée. Dans le territoire de Songololo, par exemple, l’axe routier reliant Mbatabonde à Mativa, situé dans le secteur de Bamboma, illustre parfaitement cette situation. Selon les témoignages recueillis, cet axe, comme bien d’autres dans la province, n’aurait bénéficié d’aucune réhabilitation significative depuis plusieurs années.
Cette situation pénalise lourdement les agriculteurs locaux. Faute de routes praticables, de nombreux produits agricoles destinés à la commercialisation ne parviennent pas aux marchés et finissent par pourrir dans les champs. Une perte importante pour des paysans qui comptent sur ces récoltes pour subvenir aux besoins de leurs familles, notamment les frais de scolarité et les soins médicaux.
Pour plusieurs analystes, le développement du Kongo Central ne peut se limiter aux centres urbains. Les localités rurales, qui constituent le principal bassin agricole de la province, méritent également une attention soutenue.
Négliger ces zones au profit exclusif des grandes agglomérations risquerait, selon eux, de freiner le développement global de la province.
Face à cette situation, les décideurs provinciaux sont appelés à revoir leurs priorités et à accorder une place plus importante à la réhabilitation des routes de desserte agricole.
Leur amélioration demeure essentielle pour faciliter l’acheminement des produits agricoles vers les marchés du Kongo Central, mais aussi vers la ville-province de Kinshasa, principal centre de consommation du pays.
Dieudonné MUAKA DIMBI



